Vaud

29 octobre 2019 22:17; Act: 29.10.2019 22:29 Print

Trentenaire prête à tout pour arnaquer ses amants

par Christian Humbert - Déjà condamnée avec sursis l'an passé à Neuchâtel, une femme a comparu lundi à Vevey pour des escroqueries.

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Pour l'accusée, il s'agissait juste de «l'argent du ménage». (Photo: Keystone/Image prétexte)

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Ils sont cinq hommes, victimes présumées des mensonges d’une Kosovare, à avoir créé un groupe WhatsApp pour partager leurs mésaventures. Deux d’entre eux ont raconté lundi au Tribunal de Vevey (VD) comment Ana* les a grugés. Cette trentenaire, sans emploi et prostituée occasionnelle, avait déjà écopé en 2018, à Neuchâtel, de 30 mois de prison avec sursis pour une affaire de détournement dont le préjudice s'élevait à 400'000 francs.

Patron d’une petite société, Éric* était amoureux de cette charmante femme aux cheveux noirs. Mais, sitôt en couple avec lui, Ana a réussi à soutirer au quinquagénaire plus de 100'000 francs, ainsi qu’une voiture, qu'elle a revendue au Kosovo. Elle lui a raconté qu’elle était multimillionnaire et atteinte d’un cancer. Pour donner corps à ses inventions, elle a rédigé de faux e-mails d’avocats, prétendument chargés de la restitution de ses millions et un courrier émanant du «Ministaire publique». Elle a aussi confectionné un faux journal intime pour attendrir son ami. «C’est une formidable actrice», a raconté Éric.

«C'était l'argent du ménage»

Malaxant ses mains, Ana a admis les faits, qu’elle justifie par ses dettes, tout en estimant qu’il s’agissait de l’argent du ménage: «J’ai vécu un an et demi avec lui.» Le sursis dont elle a bénéficié à Neuchâtel ne l’a pas remise dans le droit chemin: «J’essaie de ne plus mentir», a affirmé celle qui approchait ses amants via Tinder ou des petites annonces.

«Elle m’a signé une reconnaissance de dette sous un faux nom», a dit l’autre victime, qui a perdu 4000 francs. La jugeant perverse, le procureur a requis 18 mois de prison ferme pour escroquerie par métier. La défense a soutenu l’acquittement. Le verdict sera rendu par écrit.

* Prénoms d’emprunt