Médecine

20 juin 2011 13:34; Act: 20.06.2011 13:43 Print

Un «New Deal» vaudois dans la santé

Les médecins vaudois ont conclu un partenariat inédit avec l'Etat de Vaud. Cette collaboration a permis de trouver des solutions pour la garde médicale, un problème aigu dans de nombreux cantons.

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Pour répondre aux nouveaux défis de la santé, «il fallait de nouvelles stratégies, un New Deal», a expliqué lundi le professeur René Chiolero, président du comité de pilotage. Plutôt que de s'opposer, le Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) et la Société vaudoise de médecine (SVM) ont décidé de collaborer.

Premiers défis abordés: la pénurie de médecins de premier recours et la garde médicale. «Personne n'avait de solution tout seul. Nous avons décidé de travailler en commun, et non plus chacun pour soi», a expliqué Jean-Pierre Pavillon, président de la SVM.

Système de garde

Les premiers résultats commencent à voir le jour: les partenaires ont revu le système de garde de manière à ce que cette charge soit mieux répartie entre les zones urbaines et les régions périphériques (Pays d'Enhaut, Vallée de Joux, Ste-Croix et une partie de la Broye), qui sont notoirement sous-dotées en médecins.

Des médecins lausannois sont allés passer un week-end de garde à Château d'Oex. Un montant plancher leur était garanti, pour qu'ils ne soient pas trop pénalisés s'ils reçoivent peu de patients. Car le médecin est rémunéré pour ses consultations, pas pour le piquet.

«Il s'agit pour l'instant d'expériences. Un tel déplacement n'est pas toujours facile, ce ne sont pas les mêmes pathologies», a ajouté le Dr Pavillon. Et pas question d'obliger les médecins à faire de tels déplacements: «nous comptons sur la persuasion».

Maisons de la garde

Autre idée lancée: la création de «Maisons de la garde», des lieux facilement identifiables destinés aux patients qui peuvent se déplacer. Un projet est en préparation à Vevey pour l'automne, un tel endroit vient d'ouvrir à Yverdon pour la pédiatrie.

Cette convention-cadre de partenariat n'a pas son équivalent en Suisse, a relevé l'Etat de Vaud. Entrée en vigueur en septembre dernier, elle a aussi permis de diminuer les divergences dans le traitement des demandes de dérogation à la clause du besoin.

«Les avantages nous apparaissent au fur et à mesure», a commenté le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. «Nous sommes arrivés à créer une confiance entre l'Etat et les médecins, mais ce n'était pas gagné d'avance». «A terme, nous espérons assurer ensemble une réorganisation maîtrisée de la médecine ambulatoire», a-t-il dit.

(ats)