Assurance maladie

03 décembre 2018 15:28; Act: 03.12.2018 15:28 Print

Un dessinateur répond en BD au refus de subsides

par Pauline Rumpf - Parce qu'il travaille à temps partiel pour garder du temps pour des mandats, un artiste s'est vu refuser les subventions à l'assurance maladie dans le canton de Vaud.

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Kevin Crelerot est dessinateur. Il enseigne son art dans une école lausannoise, et occupe un petit job alimentaire de secrétariat. Le reste de son temps, il crée sur mandat et travaille son dessin dans le but, un jour, de pouvoir en vivre complètement. En attendant ce moment, il a fait une demande à l'Etat de Vaud pour obtenir des subsides à l'assurance maladie.

Or cette demande lui a été refusée. «Ce n'est pas le refus en lui-même qui m'a fait réagir, mais les raisons exposées dans la lettre», explique Kevin Crelerot. Selon le courrier de l'Office vaudois de l'assurance-maladie (Ovam), qui gère ces subsides, le dessinateur a en effet «intentionnellement et librement renoncé à mettre toute sa capacité de gain à contribution». Traduction: en restant à temps partiel dans ses emplois fixes, il décide volontairement de ne pas gagner assez pour vivre. «Ils ne comprennent pas du tout la situation, c'est fou», enrage-t-il.

«Dessinateur, c'est un vrai métier»

Remonté, le Morgien de 30 ans a décidé de faire une réclamation. La procédure est standard, mais la forme est originale: il a créé une BD de sept pages répondant point par point aux éléments de la lettre, pour expliquer sa situation et sa colère (voir galerie). Thème principal: le statut de dessinateur. «C'est un vrai métier, mais il est très instable, demande beaucoup de polyvalence, et il est difficile de se faire payer pour le pratiquer, rappelle Kevin Crelerot. Si l'Etat se met à le dévaloriser, on ne va pas vers le beau!»

Après réception de ce courrier inhabituel, l'Ovam a demandé de nouveaux documents au dessinateur, et réexaminera le dossier. Le bureau explique sa décision controversée par un manque d'informations: la profession ne figure par exemple pas dans le formulaire de demande. «Pour les personnes à bas taux d'activité, il faut vérifier si c'est un simple choix personnel ou si c'est lié à des conditions objectives et recevables», explique le Département vaudois de la santé (lire encadré).

L'Ovam va rouvrir le dossier

La bande dessinée aura en tout cas fait réagir, notamment sur Facebook où elle a été partagée par SolidaritéS. «J'ai peu d'espoir pour moi, mais je voulais voir ce que ma démarche pouvait provoquer, si elle pouvait faire réfléchir, explique Kevin Crelerot. Je voulais que les gens à l'Ovam se posent réellement la question de ce qu'on vit.» La partie est donc à moitié gagnée puisque l'office a accepté de rouvrir son dossier.

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Les commentaires les plus populaires

  • John Muller le 03.12.2018 15:37 Report dénoncer ce commentaire

    Egocentrisme

    Punaise pour qui il se prend celui-là ? Moi aussi il y a plein de choses que j'aimerais faire d'autre que de travailler derrière un écran 8h30 par jours 5 jours sur 7 et 48 semaines par années mais je ne le fait pas car je dois payer mes factures et les autres n'ont pas à payer pour mes lubies !

  • Andea le 03.12.2018 16:05 Report dénoncer ce commentaire

    moi aussi

    Moi j'adore la musique est je passerai bien la moitié de ma journée sur ma gratte ou mon piano, des fois qu'un jour je puisse vivre de mes compositions... Est-ce-que quelquun veut bien me sponsoriser ?

  • Pitch999 le 03.12.2018 15:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'espère bien

    Il choisi son mode de vie, son mode de rémunération afin d'avoir pour lui une certaine qualité de vie. Ce n'est pas aux autres contribuables de le sponsoriser.

Les derniers commentaires

  • Bernard Gorgerat le 08.12.2018 22:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Refus de prestation.

    Sympathique revendication.

  • Renarde Rouge le 08.12.2018 17:10 Report dénoncer ce commentaire

    Aux bien-pensants

    Il a choisi également d'être amené à devoir bouffer des antidépresseurs, voir potentiellement passer par un Burn-out, ou toute autre forme d'incapacité, face à la broyeuse à stress que peut être le monde du travail? Non, pour ce que j'en perçois de son message, cet homme s'est battu et se bat pour vivre et faire reconnaître un métier qu'il a choisi, afin potentiellement de ne plus repasser par des problèmes de santé, et éventuellement finir dans une situation où il serait de manière permanente dépendant des services sociaux. Et accessoirement être épanoui, peut-être, dans ce qu'il fait.

  • Suzy le 06.12.2018 12:06 Report dénoncer ce commentaire

    artiste

    Je veux bien qu'il dessine - si un jour il parvient à en vivre, tant mieux pour lui! En attendant ce jour-là, va valoir trouver un moyen (autre que demander des subsides...) de boucler le mois tout en continuant à dessiner... Imaginez si toutes les personnes ayant des talents artistiques pouvaient vivre aux crochets de ceux qui n'en ont pas et qui vont donc travailler tous les jours...

  • H. le 05.12.2018 03:01 Report dénoncer ce commentaire

    Une plante, une plante !

    Moi je suis au subside et je fais rien... Vous avez qu'à légaliser le cannabis récréatif comme aux en Californie, Colorado, etc... Le chômage baissera et je travaillerais moi aussi. On se croit au moyen âge par moment c'est fou, mais bon ce n'est pas grave, laissons tout cet argent disparaître tranquillement.

    • pupuce le 06.12.2018 12:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @H.

      quel commentaire stupide !

  • Biche Please le 04.12.2018 21:53 Report dénoncer ce commentaire

    Nan mais sérieux?

    Bon... arrêtez tous d'aller au cinéma, de lire, d'écouter de la musique et de jouer aux jeux vidéos si pour vous c'est tellement "pas du travail". Faire quelque chose qu'on aime n'EST PAS égal prendre du bon temps! C'est douter, échouer, recommencer, apprendre (tout le temps), des heures de questionnements, de ratages pour arriver a des résultats que vous lirez en traviole pour des MOIS de travail invisible, imperceptible.

    • RyoFougere le 06.12.2018 10:11 Report dénoncer ce commentaire

      love

      enfin un commentaire "juste", travailler dans du divertissement n'est en rien "se divertir" mais bel et bien travailler. Donc il ne devrait pas y avoir de différence dès le moment que la personne paie ses taxes comme tout le monde, ce qui est le cas.