Lausanne

19 septembre 2019 06:08; Act: 19.09.2019 06:08 Print

Un chirurgien alcoolique peut de nouveau pratiquer

par Christian Humbert - Suspendu en 2017 alors qu'il peinait à rester sobre, le médecin va retourner au bloc. Mais sous strictes conditions.

storybild

Pour opérer, le praticien doit obligatoirement être assisté d'un collègue. (Photo: iStock / image prétexte)

Une faute?

Dans sa vie, il a beaucoup picolé, ce chirurgien exerçant dans le canton de Vaud. Il ne niait pas sa dépendance, mais celle-ci est devenue problématique, et publique, fin 2013, lors d’une opération.

Le médecin a été dénoncé et les autorités l’ont soumis à un contrôle de sa consommation d’alcool. Comme il buvait toujours, on l’a prévenu, en 2016, qu’il risquait de perdre son autorisation de pratiquer. Et elle a effectivement été suspendue en 2017, le temps d’une enquête sur ses problèmes. Le chirurgien a alors commencé un traitement à l’Antabus, médicament utilisé pour aider les alcooliques. Parallèlement, il a saisi le Tribunal cantonal pour s’opposer à sa suspension. En vain: vu les risques pour les patients, l’intérêt public devait primer sur l’intérêt du toubib. Le Tribunal fédéral a ensuite confirmé la décision vaudoise.

«Altération de ses performances intellectuelles»

Des avis d’experts divergents se sont ensuite greffés au dossier. Un neuropsychologue a ainsi relevé des «dysfonctions exécutives légères à modérées» et l’altération «des performances intellectuelles»: de quoi «limiter (la) capacité de travail» du médecin.

Mais en juin 2018, le Conseil de santé a plaidé pour la restitution de l’autorisation de pratiquer au chirurgien, à condition qu’il soit assisté d’un collègue au bloc, qu’il poursuive son traitement médical et qu’il soit suivi par un psy.
Le médecin a de nouveau recouru, et perdu: le Tribunal cantonal a confirmé les précautions liées à son autorisation de pratiquer.