Lausanne

06 décembre 2018 20:07; Act: 06.12.2018 22:48 Print

Un corbeau crée un malaise politique

par Frédéric Nejad Toulami - Les élus ont débattu mercredi d'une lettre anonyme distribuée en novembre 2018. Elle dénonce des dysfonctionnements au sein de l'administration communale.

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La conseillère municipale Florence Germond a répondu aux questions en lien avec la lettre anonyme mercredi soir. (Photo: Keystone)

Une faute?

Quel sort faut-il réserver à une lettre anonyme qui balance des accusations graves? Les membres du conseil communal lausannois (organe délibérant) en ont discuté mercredi soir en raison d'une interpellation urgente déposée à ce sujet par des élus de l'UDC et du PLC (parti libéral-conservateur, dissident de l'UDC lausannoise). Le bureau du Conseil communal avait validé la veille le caractère urgent de la démarche, ce que certains ont regretté. La Municipale Florence Germond a accepté de répondre de manière générale aux questions posées par l'interpellateur Valentin Christe au plénum.

Vulgaire corbeau ou lanceur d'alerte, ce courrier envoyé à toute la classe politique et aux médias, pointe du doigt divers dysfonctionnements graves supposés: mauvaise gestion du personnel de l'administration, cas de harcèlement au travail, généreuses indemnités de départ grâce à des conventions pour des chefs de personnel. Le cas d'une collaboration extérieure au prix fort avec le compagnon d'un cadre de la ville y est aussi évoqué, tout comme le casier judiciaire d'un autre.

Si le libéral-conservateur Valentin Christe a souligné, tout comme l'UDC Fabrice Moscheni, qu'il fallait garder une certaine réserve face à ces allégations non prouvées et au caractère anonyme de la démarche, on ne pouvait pas rester de marbre face à cela.

«Caractère diffamatoire»

Florence Germond a dénoncé la «pratique déloyale» d'une telle lettre anonyme, «porteuse d'un caractère diffamatoire voire calomnieux». La socialiste a rappelé qu'il existe plusieurs autres voies pour s'exprimer honnêtement et s'interroger sur d'éventuels problèmes. L'Exécutif de la ville se dit d'ailleurs à disposition de la Commission de gestion pour toutes questions relatives à de supposés dysfonctionnements, mais refuse de parler publiquement de cas spécifiques au sein de l'administration communale, afin de respecter les droits de la personnalité, et La Municipalité s'est cependant voulue rassurante face aux allégations du corbeau.

Confidentialité souhaitée

S'exprimant au nom du groupe socialiste, Vincent Brayer s'est déclaré choqué à la fois par la lettre anonyme et par la démarche des élus de droite «tombés bien bas» pour avoir déposé une interpellation urgente sur cela. D'autres élus de gauche ont aussi critiqué la démarche politique et se sont inquiétés du danger d'un tel débat public, qui pourrait encourager d'autres lettres anonymes. Au final, une majorité a décidé de convier l'exécutif communal à communiquer en huis-clos avec la Commission de gestion (COGES) sur cette liste d'accusations.