Lausanne

13 février 2019 16:40; Act: 14.02.2019 10:23 Print

Un garde du corps protège une élue menacée

par Frédéric Nejad Toulami - La PDC Sandra Pernet a reçu des menaces de mort après avoir dénoncé le trafic de drogue qui «gangrène»un quartier. Une situation stable selon les autorités.

storybild

Après avoir déposé une interpellation urgente, Sandra Pernet a tenté de faire voter mardi soir une résolution sur la problématique des jeunes de quartiers sensibles, en vain. (Photo: Florian Cella/24 Heures)

Une faute?

Sollicité fin janvier sur la situation qui prévaut dans certains quartiers nord de la capitale vaudoise, l'Exécutif de la ville avait requis deux semaines pour répondre officiellement. Sandra Pernet, images à l'appui, avait auparavant dévoilé un trafic de drogue d'un jeune du quartier de Praz-Séchaud sur une application très prisée des ados.

Mardi 12 février au Conseil communal (organe délibérant), la Municipalité, par la voix de son élu POP David Payot, a invité à une «certaine humilité face à la problématique» en question, et alors que les intervenants professionnels sur le terrain décrivent «une situation stable dans les quartiers» lausannois. Selon l'Exécutif de la ville, «les établissements scolaires n'observent pas, en leur sein, d'augmentation du phénomène mentionné. Les écoles du nord de la Ville n'identifient pas de problèmes de consommation de substances illicites particuliers dans leur quartier par rapport à d'autres. Du trafic de substances illicites à proximité de certains établissements se fait effectivement jour, mais il a plutôt lieu en dehors des heures scolaires et pose davantage problème en raison des incivilités, du littering et du climat d'insécurité qu'il engendre que vis-à-vis des élèves proprement dits.»

«Fais attention à tes fesses, on va te planter!»

Outre le fait que la majorité de gauche a balayé tout débat à ce sujet mardi soir (lire l'encadré), Sandra Pernet se dit étonnée par cette réponse. «Il y a environ 8 mois, quand j'évoquais l'existence de deal de drogues proche des écoles et des adolescents, on me rétorquait que cela n'existait pas, que je me faisais des films, déclare-t-elle. Or, là, la Ville admet enfin cette réalité.» Présidente de la section lausannoise du PDC, elle se déplace depuis quelques jours accompagnée d'un agent de sécurité. Il était d'ailleurs présent à la séance du Conseil communal mardi soir. «J'ai reçu des menaces par téléphone, messages, et via des réseaux sociaux, explique-t-elle à 20minutes.ch . Cela a commencé peu après le dépôt de mon interpellation urgente, fin janvier, dans laquelle je m'inquiétais que des quartiers lausannois risquent de ressembler bientôt aux quartiers nord de Marseille.» Le contenu d'un des messages reçus? «Fais attention à tes fesses, on va te planter!» Elle demande comment on peut attendre d'habitants sous pression qu'ils osent alerter les autorités quand une élue doit se faire escorter.

Quant à l'absence de volonté de débattre de ce sujet préoccupant au sein du Conseil communal, Sandra Pernet dénonce le manque de respect des élus de gauche vis-à-vis de l'opposition de droite mais surtout de la jeunesse lausannoise: «Ils veulent cacher une certaine réalité dans des quartiers.» Interrogé, le conseiller municipal David Payot dit souhaiter «naturellement que la sécurité de Madame Pernet soit garantie, dans toute la mesure du possible». Une enquête de police a d'ailleurs été ouverte, en marge de celle menée depuis quelques mois sur la base des images sur Snapchat dévoilant un trafic de drogue mené par au moins un jeune habitant de Praz-Séchaud.