Vaud

11 novembre 2019 22:49; Act: 12.11.2019 11:02 Print

Elle cognait son mec: elle restera en prison

par Yannick Weber - Le Tribunal fédéral a refusé de libérer une ressortissante française après des violences conjugales. Il estime le risque de récidive trop élevé.

storybild

L'homme a subi la fureur de sa concubine durant des années.

Sur ce sujet
Une faute?

Certaines des scènes, horrifiantes, sont dignes du film «Shining», mais c'est dans le canton de Vaud, sur La Côte, qu'elles se sont produites à répétition entre 2011 et 2018. Une femme a violenté son concubin, également père de ses enfants. Entre autres, elle a défoncé à l'aide d'un couteau la porte derrière laquelle l'homme s'était réfugié, pourchassé par la femme alcoolisée.

La victime a aussi reçu des coups portés par des chaussures à talons en bois, s'est ramassé une théière en fonte derrière le crâne en s'enfuyant et s'est fait percer les pneus de sa voiture alors qu'il cherchait à s'échapper, pendant qu'elle lui criait qu'elle allait «le crever».

Arrêtée en août 2018, non sans avoir craché au visage d'un policier, elle est détenue depuis. Elle a réclamé sa libération, promettant de ne plus s'approcher de sa victime et de suivre un traitement thérapeutique, d'être assignée à résidence chez sa soeur à Genève et de se voir signifier une interdiction de périmètre.

Propositions insuffisantes

Sa demande est remontée jusqu'au Tribunal fédéral, qui vient de lui refuser cette faveur. «Les mesures de substitution proposées, qui ne reposeraient que sur la volonté de l'intéressée de s'y conformer, paraissent insuffisantes au regard de l'intensité du risque de récidive», notent les juges fédéraux.

Un traitement thérapeutique? Elle en avait amorcé un, mais annulait fréquemment ses rendez-vous, alors que des psychiatres avaient diagnostiqué des troubles narcissiques et une consommation d'alcool à risques. Ne plus approcher de sa victime? Les juges n'y croient pas non plus, l'homme ayant obtenu la garde de leurs enfants, avec qui la prévenue voudrait entrer en contact.

La Cour a aussi noté son comportement problématique en prison. Enfin, des précédentes condamnations ne semblent avoir eu aucun effet pédagogique, au contraire, puisque l'enquête avait conclu à une intensification des actes de violence au fil des ans.