Lausanne (VD)

09 juillet 2014 20:37; Act: 10.07.2014 11:05 Print

Un notaire vedette passe à la question durant six heures

par Christian Humbert - Le notaire Patrick de Preux dans un nouveau rôle: prévenu de participation à une escroquerie. Il a été entendu près de 6 heures mardi.

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Patrick de Preux cumule les casquettes de notaire et de président du LHC. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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C'est son avenir professionnel et sa réputation qui sont en jeu. Le notaire Patrick de Preux s'est retrouvé près de 6 heures mardi face au procureur vaudois Nicolas Cruchet. C'est un rôle nouveau pour le président du LHC, ex-député libéral. Il a été entendu en tant que prévenu de participation à une escroquerie et de faux notarial. Face à lui, les héritiers d'une riche veuve sans enfant que le notaire et le curateur de la dame, ex-associés en affaires, sont soupçonnés d'avoir incité à rédiger un testament en faveur d'une fondation dont ils se trouvaient être les gestionnaires.

Problème: la veuve aurait été jugée inapte à gérer ses affaires. Un nouveau curateur mandaté par la justice de paix, dans l'ignorance des dispositions prises par le curateur Z. et le notaire de Preux, a actionné la justice après avoir constaté que les biens de la dame n'étaient pas gérés au mieux de ses intérêts. L'intérêt est grand pour le canton qui pourrait se voir réclamer les millions possiblement perdus par la gestion de Z.

Le procureur, la justice de paix et les plaignants, ne peuvent écarter de leurs pensées le fait que Z., avocat-notaire et gestionnaire de fortune, vient d'être condamné par le tribunal cantonal dans une autre affaire de pupille, dont les biens ont été gérés non pas avec la prudence d'un curateur, mais avec les risques d'un gestionnaire privé. Dans ce cas également, le canton pourrait devoir répondre des pertes encourues par la personne qu'elle a désignée comme curatrice.

«Audition intéressante», commente le procureur Cruchet. Après avoir rappelé la présomption d'innocence et les outils à disposition des prévenus pour leur défense, il n'écarte pas de conclure son enquête cette année encore. Les plaignants veillent cependant au grain pour que les deux notables vaudois soient jugés. La défense du président du LHC est la même depuis le départ: «J'ai fait mon travail. La dame savait ce qu'elle faisait. C'était sa volonté». Des médecins expliquent de leur côté qu'elle ne pouvait juger pleinement de ce qu'elle faisait. Et la justice de paix aurait dû être avisée d'un nouveau testament modifiant le précédent en faveur de parents.