Vaud

28 février 2020 06:09; Act: 28.02.2020 20:16 Print

Officier de police salarié dans le privé

par Frédéric Nejad Toulami - Un adjudant a l'autorisation de gérer contre rémunération la sécurité de la Vaudoise Arena lors des matchs du LHC.

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(Photo: Keystone/ Keystone/Cyril Zingaro)

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Y'a-t-il un conflit d’intérêts dans le fait qu'un officier formé dans le renseignement et contre le hooliganisme aille vendre son savoir-faire dans le privé tout en demeurant chef d'une division spécialisée à la police vaudoise? (lire l'encadré)

Porte-parole de la police vaudoise, Jean-Christophe Sauterel explique que le mandat de son collègue consiste à développer et mettre en œuvre le concept sécuritaire et les règlements de la nouvelle patinoire lausannoise. Soit un travail au niveau stratégique à aucun moment axé sur des aspects opérationnels. «Le collaborateur a été rendu attentif à la nécessité d’avoir une séparation extrêmement claire entre les deux activités», précise Jean-Christophe Sauterel. Dans ce contexte il n’y aurait pas de conflit d’intérêts .

Une subordonnée face à son chef

Mais selon nos sources, la claire séparation entre mandat privé et activité policière serait inexistante. Après l'obtention du contrat pour la société Three Steps, créée exprès par l'adjudant, il a officiellement transmis le dossier LHC à une subordonnée de sa division. Ainsi, lors des réunions opérationnelles avant chaque match, l'adjudant avec sa casquette de privé est face à la policière. Mais comme les intérêts privés et publics ne sont pas forcément identiques, la caporale ose-t-elle diverger de son chef?

Aux yeux du commandant de la police, il est intéressant pour les services de l’État que les collaborateurs aient la possibilité «d’acquérir et de développer des compétences en dehors de l’administration». Dans ce cas précis, il semble pourtant que ce soit le secteur privé qui acquiert là un savoir-faire développé au sein de l'administration cantonale.

La cheffe du Département de la sécurité est-elle avisée de cette situation? «Le commandant de la police cantonale l'en avait brièvement informée verbalement, mais cette décision reste de la seule compétence du commandant», informe Jean-Christophe Sauterel. «20 minutes» n'est pas parvenu à faire réagir l'adjudant.

(FNT)