Lausanne

24 février 2011 17:57; Act: 24.02.2011 18:22 Print

Un policier condamné pour abus d'autorité

Le Tribunal d'arrondissement de Lausanne a condamné jeudi un policier lausannois à sept jours-amende avec sursis.

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Une faute?

Le brigadier, aujourd'hui suspendu, est reconnu coupable d'abus d'autorité pour avoir relâché de nuit un jeune homme près des bois de Sauvabelin.

Pour le tribunal, cette affaire n'est pas qu'une mauvaise blague. Le policier a porté atteinte à la liberté individuelle de la personne interpellée. «Il détenait, au final, le pouvoir de contraindre. Il avait la responsabilité de mettre un terme à la provocation, au lieu d'y répondre», a expliqué la présidente.

Les faits remontent au 8 février 2010, après une fouille au poste de police. Au moment de relâcher le suspect auquel rien ne peut être reproché, le brigadier lui demande pourquoi il a fui à la vue de la police. L'intéressé rétorque en souriant qu'il aime courir.

L'agent lui propose alors de «l'emmener dans un endroit où il pourra s'adonner à ce sport». Direction la place des fêtes de Sauvabelin, où les policiers le déposent. Vers 03h00, l'homme, perdu, demande de l'aide au 117. Le message est entendu par un supérieur. Alertée, la hiérarchie dénonce le cas à la justice.

Brimade

Pour le tribunal, le brigadier, qui dirigeait la patrouille, «a infligé une brimade» à ce requérant d'asile tchadien, dont on est sans nouvelle depuis l'incident. Le travail de policier de rue chargé de traquer les dealers est certes difficile. «Mais c'est précisément dans un contexte comme celui-ci qu'il faut être vigilant», a estimé la présidente du tribunal de police.

Comme le Ministère public, qui avait requis 10 jours amende avec sursis, la Cour estime que la faute est peu grave. Le policier peut faire valoir une carrière «exemplaire», entachée par cet «événement unique». Il est en outre déjà sanctionné sur le plan administratif: suspendu depuis juin, il a fait recours contre son licenciement.

Le tribunal l'a condamné à sept jours-amende à 85 francs, avec un sursis de deux ans. L'avocate de l'accusé, Me Odile Pelet, a annoncé qu'elle allait déposer une déclaration de recours. Elle décidera du maintien ou non de ce recours lorsqu'elle aura reçu le verdict motivé de la Cour.

Autres affaires

Ces derniers mois, plusieurs policiers lausannois ont comparu en justice pour abus d'autorité. Il y a une semaine, un policier de 32 ans a été jugé pour avoir donné un coup de poing à un homme maintenu sur un lit de contention qui l'avait insulté. Il a été acquitté, mais un recours est déposé. En janvier, un autre agent a été condamné pour avoir projeté un homme au fond de sa cellule.

En décembre, un tribunal nyonnais s'est penché sur le cas d'un jeune Erythréen qui affirmait avoir été déposé près de Sauvabelin et aspergé de spray au poivre. Les policiers ont été acquittés.

(ats)