Lausanne

23 juin 2011 17:57; Act: 23.06.2011 18:02 Print

Un policier condamné pour abus d'autorité

La Cour d'appel du Tribunal cantonal vaudois a condamné jeudi un policier de 32 ans à 5 jours-amende avec sursis pour abus d'autorité.

Une faute?

En juillet 2009, l'accusé, un policier lausannois, avait asséné un coup de poing à un prévenu attaché sur un lit qui menaçait sa famille.

Les juges ont admis l'appel déposé par le Ministère public après l'acquittement prononcé en février dernier par le Tribunal correctionnel de Lausanne. La défense s'est déclarée jeudi «déçue» par cette condamnation. Elle ne s'est pas encore déterminée sur un éventuel recours au Tribunal fédéral.

Culpabilité réduite

Selon la Cour, le geste commis par le policier «sous le couvert de la puissance publique», contre une personne qui «ne pouvait pas se défendre», est «d'une telle violence» qu'il ne trouve «aucune justification». Destiné à nuire, il doit être juridiquement considéré comme un abus d'autorité.

Dans la peine infligée, les juges ont cependant tenu compte de «l'émotion violente causée par les insultes sexuelles grossières» proférées par la victime contre la mère et les deux filles de l'agent. Cette «culpabilité réduite» justifie une peine inférieure aux 10 jours-amende qu'avait requis le Ministère public.

Pluie d'insultes

Le jeune homme avait été interpelé alors qu'il fêtait ses 20 ans dans un bar de Lausanne. Arrivé au poste, il avait dû être placé sur un lit de contention car il était très excité et se tapait la tête contre les murs.

Très agressif, il avait multiplié les insultes à l'encontre du policier et lui avait craché au visage. L'agent a perdu ses nerfs lorsque le jeune homme a proféré des insultes à caractère sexuel à propos de ses deux fillettes, que le prévenu ne connaissait pas.

Auto-dénonciation et excuses

Quelques minutes après les faits, le policier était allé se dénoncer à son supérieur et avait présenté des excuses à la victime. En 12 ans de service, aucune autre faute ne lui a jamais été reprochée dans l'accomplissement de son service, en dépit d'une confrontation «quasi-quotidienne» à la violence.

La Cour, «très sensible» à la difficulté du travail des policiers et au «manque de respect» qui leur est témoigné sur le terrain, a rappelé que la sanction pénale ne doit pas automatiquement entraîner une sanction administrative à l'encontre de l'agent. Elle considère qu'»il appartiendra à la commune de Lausanne de tenir compte de toutes les circonstances du cas d'espèce».

Deuxième policier condamné

En début de semaine, un autre policier lausannois a aussi été condamné en appel pour abus d'autorité. L'agent âgé de 28 ans a écopé de 10 jours-amende avec sursis pour avoir violemment projeté un homme au fond de sa cellule en mai 2009.

(ats)