Suisse

02 avril 2019 13:11; Act: 03.04.2019 18:54 Print

Un refuge pour jeunes LGTBQ pourrait voir le jour

Le canton de Vaud prévoit d'ouvrir une structure pour les jeunes lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer et tous les autres (LGBTQ) en difficulté.

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Le taux de suicide chez les jeunes LGBT est deux à cinq fois plus élevé que chez les hétérosexuels. (Photo: Twitter)

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Un refuge pour jeunes LGTBQ en rupture familiale pourrait voir le jour dans le canton de Vaud. Le Grand Conseil a accepté mardi à l'unanimité de transmettre un postulat en ce sens au Conseil d'Etat.

Entre 14 et 17 ans, de nombreux jeunes lesbiennes, gays, bisexuels, trans, queer et tous les autres (LGBTQ) découvrent leur orientation sexuelle et font leur coming out auprès de leur famille. Cette affirmation de soi peut, malheureusement, pour de nombreux jeunes, se solder par le rejet et l'incompréhension de l'entourage, a souligné le PLR Daniel Ruch, rapporteur de commission.

Cette rupture avec la famille a des conséquences dramatiques. Mis à part la perte du logement et des moyens de subsistance, la situation est aussi source de détresse morale et psychologique. Cela conduit à l'isolement du jeune concerné, une rupture avec ses études ou sa formation et parfois le suicide.

Genève agit

A Genève, Dialogai a ouvert le Refuge Genève. Il a déjà accueilli plus de 120 jeunes depuis sa mise en service, note M. Ruch. Il offre soutien, médiation, voire hébergement d'urgence. Mardi, l'ensemble des partis étaient d'accord pour demander la création d'une telle structure dans le canton de Vaud.

«L'intense souffrance de ces jeunes ne doit pas être prise à la légère», a relevé le député UDC Jean-Luc Chollet. Le taux de suicide chez les jeunes LGBT est deux à cinq fois plus élevé que chez les hétérosexuels, 50% des tentatives de suicide chez les homosexuels sont commises avant l'âge de 20 ans. Un taux qui monte à 74% chez les jeunes lesbiennes, a souligné Alexandre Démétriadès (PS).

Angle de l'hébergement

Pour Pierre-Yves Maillard, les problèmes soulevés sont réels. «On en traite déjà beaucoup d'aspects. Cela fait partie de la mission du CHUV. On soutient une consultation médicale spécialisée avec des médecins formés à cette réalité». Le partenariat avec les associations, comme Vogay est bon, a rappelé le conseiller d'Etat.

Non contraignant pour le gouvernement, le postulat de l'ancien député PS François Clément «permet d'aller plus loin. Il vise les moments de crise et de rupture sous l'angle de l'hébergement. Pour le chef du Département de la santé, il faut avoir »une vision plus large de la problématique. Si le besoin de prise en charge en urgence devait se concrétiser, nous avons des partenaires pour assurer cette mission", a-t-il noté.

(nxp/ats)