Asile

23 décembre 2011 07:00; Act: 23.12.2011 07:07 Print

Un requérant porte plainte contre le procureur

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Un Ghanéen de 26 ans se démène pour récupérer ses économies, séquestrées par la police à Lausanne.

Une faute?

C’est le combat du pot de terre contre le pot de fer. Un requérant d’asile débouté vient de porter plainte contre un représentant du ministère public et des policiers! Le but: récupérer son argent saisi par la justice. «Oui, il y a une plainte», a confirmé le procureur Patrick Auberson, qui n’a pas voulu en dire davantage.

En septembre dernier, alors qu’il revenait du Service de la population, à Lausanne, ce Ghanéen de 26 ans est interpellé par des policiers. Lors d’une fouille – qu’il juge «humiliante» – les agents ont trouvé 1000 euros et 25 francs sur lui. L’argent a été saisi. Un montant de 487 fr. a été prélevé comme garantie d’une amende pour séjour illégal. Le solde a été versé à l’Office fédéral des migrations (ODM). Selon le porte-parole Michael Glauser, «l’argent sera restitué s’il a une origine licite».


Pour contrer le trafic de stupéfiants, l’ODM a mis en place une procédure qui implique que tout migrant doit prouver la provenance de son argent. «On voit dans mon dossier qu’en un an, j’ai gagné 5000 fr. grâce à un programme d’occupation et à une aide liée à ma demande d’asile. Maintenant, martèle le Ghanéen basé à Nyon, je veux mon argent!»

Dealer ou pas dealer? Ce requérant, que ses pairs réfugiés surnomment «Imam», jure qu’il n’a «jamais touché à la drogue». «La Suisse me paie, m’interdit d’avoir un compte bancaire et m’empêche d’avoir de l’argent sur moi. J’ai des euros, car on peut me renvoyer à tout moment en Italie (n.d.l.r.: pays par lequel il est entré en Europe). J’avais peur de laisser l’argent dans l’abri de Nyon et qu’on me le vole.»

«Plus honnête et économe que lui, il n’y a pas», assure Daniel Cheseaux, 73 ans, un ancien patron d’une industrie de cycles devenu mentor du migrant.