JOJ 2020 - Ski alpin

14 janvier 2020 18:28; Act: 14.01.2020 18:39 Print

Un train comme une auberge espagnole

par Robin Carrel - Les transports publics permettent à 80% des protagonistes des Jeux olympiques de la Jeunesse de rejoindre les lieux de compétition. Une jolie réussite.

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Athlètes et spectateurs rejoignent Champéry (VS) en train pour les compétitions de curling. (Photo: JOJ 2020 / Pascalouphotos / Jeanrenaud Pascal)

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Le train de 10h21 pour le Valais entre en gare de Lausanne, ce mardi. Il va se remplir assez vite d’un sacré melting pot. Sur le quai, une institutrice se charge de couvrir la tête de sa marmaille avant de prendre le soleil de plein fouet en montagne, une Lituanienne devise avec une Danoise, un groupe de Vaudois, bonnets au vent, va prendre de la hauteur et une délégation du comité olympique sud-coréen regarde tout ça avec attention.

Mardi, il y avait curling à Champéry (VS), ski aux Diablerets (VD) et ski-alpinisme à Villars (VD). De quoi remplir quelques rames, plutôt que de créer un bouchon sur l'A9 en direction de Villeneuve (VD).

Pile au moment où le joyeux cortège s’ébrouait en direction des blanches (et vertes) montagnes, un communiqué de presse tombait sur les boîtes mails des journalistes accrédités pour ces 3es Jeux olympiques d’hiver de la Jeunesse. «Les délégations nationales adhèrent à la stratégie de transports en commun de Lausanne 2020», se réjouissait la missive, qui affirmait un bout plus bas que «c’est, à ce stade, environ 80 % des athlètes, entraîneurs, représentants des équipes et responsables techniques qui utilisent le système de transports en commun promu (mais pas imposé) par le comité d’organisation depuis 4 ans».

Rutilantes Mercedes

Pas imposé, car partir du «Vortex» de Chavannes-près-Renens (VD) pour aller disputer une compétition de biathlon aux Tuffes (F) à 10h30 en prenant les transports publics – ce qui représente plus de 2 heures de déplacement – serait un sacré non-sens sportif. Un bus ou le M1, puis le M2 jusqu'à la gare de Lausanne, un train pour Nyon (VD), un autre pour rejoindre la frontière à La Cure, puis une navette pour la station française… Ça vous demande bien trop d’énergie pour ensuite viser juste et skier vite.

C’est là la limite de l’exercice et c’est un peu logique. Mais les spectateurs, eux, jouent le jeu. En tous cas mieux que certains politiciens ou membres du CIO, qui débarquent en station à bord de rutilantes Mercedes ou d'impressionnantes Toyota...

«L’utilisation des transports en commun par les athlètes et les spectateurs constitue l’élément central de l’engagement de Lausanne 2020, a assuré Christophe Jemelin, responsable des transports de l’événement. Nous nous réjouissons de voir une réponse aussi positive à cette initiative non seulement de la part des athlètes mais aussi des spectateurs. Nous espérons que l’héritage de transports créé perdurera et que nos visiteurs, qu’ils soient étrangers ou locaux, continuent d’utiliser les transports en commun à l’avenir.»

Revenons à notre voyage en direction des Alpes. Les contrôleurs des CFF y ont un travail plus simple que d’habitude, puisque les personnes accrédités pour ces JOJ transitent gratuitement à travers le canton de Vaud et jusqu’à Champéry. Les fans, eux, peuvent s’offrir une carte journalière entre les divers sites pour 20 francs (10.- s'ils ont le demi-tarif) et 1350 supporters en ont déjà profité depuis jeudi dernier. Sur place, aux Diablerets, des bus-navettes font l’aller-retour entre la gare et le Rachy, où l’arrivée a dû être déplacée en raison du manque de neige. Certains décident de redescendre à pied, quitte à devoir dribbler des lugeurs en goguette.

Ambiance bon enfant

Le retour est encore plus sympa que la montée. Une jeune Ouzbek refait la course avec son entraîneur, des Islandais rigolent gentiment de l’employé des Transports publics du Chablais qui peine à ouvrir la porte de la deuxième rame du toujours aussi magnifique Aigle-Le Sepey-Les Diablerets et des dirigeants roumains tentent de trouver du réseau avec leur iPhone 2 ou 3. Tout le monde ou presque a trouvé une place assise et l’ambiance est bon enfant, même si la journée a été longue (début de la première manche des filles à 9 heures et fin de la deuxième des garçons vers 15h40).

«Notre idée, depuis le départ, était de proposer des Jeux novateurs, testant des idées nouvelles pour le futur des grands rassemblements. Notre système fait usage de notre forte expertise locale dans les transports publics. Voici des Jeux qui s’adaptent à leur région et non l’inverse», a commenté Ian Logan, le directeur général de ces JOJ.

Record battu

Et ce sont aussi des Jeux olympiques de la Jeunesse qui ont permis à ses jeunes de vite s’adapter, puisque mardi, aux Diablerets, les Valaisans Lena Volken et Luc Roduit ont rapporté les 12e et 13e médailles à la délégation suisse, grâce à leurs 2e place en slalom. Record de Lillehammer, il y a 4 ans, battu. De quoi motiver encore plus de gens à prendre le train pour aller les soutenir mercredi, lors de la compétition par équipes. En train, bien sûr...