Conditions de détention

27 août 2012 15:58; Act: 27.08.2012 17:14 Print

Une «dégradation alarmante» dénoncée

Le Conseil de l'Ordre des avocats vaudois a écrit lundi au Conseil d'Etat en affirmant que «la situation [dans les prisons du canton] n'est pas digne de notre pays».

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La prison de Bois-Mermet à Lausanne. (Photo: Keystone)

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Les avocats vaudois dénoncent «la dégradation alarmante» de certaines conditions de détention dans les prisons du canton. Le Conseil de l'Ordre a écrit lundi au Conseil d'Etat en affirmant que «la situation n'est pas digne de notre pays».

Dans sa missive, le Conseil de l'Ordre des avocats vaudois se montre très sévère. Il pointe du doigt en particulier le sort des prévenus maintenus «plusieurs jours, voire plus d'une semaine» en détention provisoire dans la zone carcérale de la Police cantonale, à la Blécherette, ou dans celle de la Police municipale à Lausanne.

Conditions plus garanties

Ces cellules, faites pour «un dégrisage», ne sont pas équipées pour la préventive. «On peut les comparer à des cachots», écrit le Conseil de l'Ordre. «Lorsqu'elles dépassent une durée de 48 heures, ces conditions de détention sont illégales», affirme-t-il.

Loin de se «régulariser», comme le prétend le Conseil d'Etat dans une réponse au Grand Conseil, la situation «s'est détériorée de façon alarmante». Les conditions minimales de détention ne sont «plus garanties dans les prisons vaudoises», selon le Conseil de l'Ordre.

Appel à des états généraux

Ces critiques «n'ont aucune connotation politique», relève le bâtonnier Christophe Piguet, questionné à propos de la nouvelle conseillère d'Etat, Béatrice Métraux, responsable de ce secteur. Le problème est connu mais «a empiré depuis le début de l'année», affirme-t-il.

Il faut que «tout le monde se mette autour d'une table», poursuit- il en appelant à des états généraux pour examiner le renforcement de l'ensemble de la chaîne pénale. Il y a une surpopulation carcérale, une augmentation de la détention en préventive, les policiers sont à cran et les procureurs surchargés: des solutions doivent être trouvées, déclare Christophe Piguet.

Illégal

Outre qu'elle est «illégale au regard du droit suissse», la situation actuelle est «aussi contraire aux Règles pénitentiaires européennes», eu égard à la dignité humaine. Le Conseil de l'Ordre mentionne notamment l'espace au sol, le volume d'air, l'éclairage et l'aération.

Le Conseil de l'Ordre invite le Conseil d'Etat à prendre «sans délai» les mesures nécessaires pour offrir «des conditions de détention décentes et licites» aux prévenus retenus plus de 48 heures dans les locaux de la police ou de la gendarmerie.

Un avocat pour une douche

Aujourd'hui, ces cellules sont très exiguës, ne comportent pas le moindre jour, avec pour seul aménagement des toilettes à la turque. L'accès à la promenade est très difficile, voire impossible. Les détenus n'ont pas d'habit de rechange, la police leur donnant des pantalons en papier.

L'accès aux soins médicaux appropriés est très difficile. Vendredi dernier, un avocat a dû intervenir pour qu'un prévenu, interpellé le lundi 20 août et se trouvant depuis lors en zone carcérale, puisse se doucher, déplore le Conseil de l'Ordre.

Des propositions prochainement

Le Département vaudois de l'intérieur «connaît cette problématique», a réagi Stève Maucci, secrétaire général ad interim. «Très prochainement, il arrivera avec des propositions», a-t-il dit à l'ats.

(ats)