Polémique sur fond de rap

25 mars 2011 13:58; Act: 25.03.2011 14:32 Print

Une ex-cible de l’UDC quitte son poste

par Raphaël Pomey - Attaquée pour avoir financé un clip de rap qui critiquait l'UDC, l’ancienne cheffe du Bureau vaudois pour l’intégration des étrangers change de poste. Elle revient sur la polémique qui l'a frappée.

Le clip avait provoqué la fureur de l'UDC.
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L’UDC l’avait pris comme une véritable attaque personnelle, en septembre de l’année dernière. Financé par le Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers (BCI), un clip du collectif MXX tout juste mis en ligne évoquait à deux reprises le parti agrarien dans un morceau dénonçant le racisme.

L'UDC avait exigé sa démission

Vaguement associé à un vecteur de xénophobie dans la chanson, la formation avait réagi en exigeant la démission de la responsable du BCI, Magaly Hanselmann, accusée d’avoir utilisé l’argent public pour faciliter la réalisation d’une œuvre critiquant ses électeurs. Vendredi, le Canton de Vaud a annoncé que cette dernière allait passer du BCI au Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH), dont elle prendra la tête.

Une décision qui ne doit rien au hasard, selon le parti agrarien

Pour le président du l’UDC Vaud, ce changement de poste ne doit rien au hasard. Il s’agirait, selon lui, d’une décision consécutive au gros coup de gueule de son parti: « Je pense que le Conseil d’Etat l’a sortie de la fournaise pour éviter qu’elle ne soit brulée vive », lâche Fabrice Moscheni. Il dit espérer que l’ancienne cheffe du BCI ne mettra pas ses « principes anti-UDC» en action dans le cadre de son nouveau job.

Un boulot impeccable et reconnu loin à la ronde

Au Département de l’intérieur, futur-ancien employeur de Magaly Hanselmann, on conteste vivement l'hypothèse d'un départ arrangé. Si l’affaire « MXX » a pu constituer un épisode délicat à gérer dans son passage, le travail a toujours été impeccable et serait reconnu dans toute la Suisse. «Elle n’a pas reçu de pressions ou de reproches à cause de l’affaire MXX», précise Denis Pittet, porte-parole.

Des réactions disproportionnées

Contactée, Magaly Hanselmann a accepté de revenir sur les critiques qu’elle a subi de la part de l’UDC : «Il y avait une forme de disproportion autour des réactions suscitées par le financement du clip de MXX. Cela ne représentait que 10'000 francs sur les quatre millions dont nous disposons. Le projet était une démarche de jeunes pour les jeunes, qui respectait la part de liberté qu'elle suppose.»

«Je crois que j’ai rempli mes objectifs»

Pour elle, «l'affaire est close». «J’ai tenté de remettre les choses dans leur contexte mais après, en tant que fonctionnaire, ce n’était plus à moi de répondre sur une affaire aux enjeux politiques. C’était au Conseil d’Etat de le faire. La réponse a été donnée au Grand conseil ces dernières semaines.» Elle précise avoir été toujours très soucieuse de la bonne gestion de l'argent public dans le cadre de ses fonctions.

«On a tous des écarts et personne n’est parfait, mais je crois que j’ai rempli mes objectifs. J’ai monté un plan d’action traitant par exemple de langue et de formation, d’accessibilité au marché du travail ou d’intégration dans les quartiers. Ces axes courent toujours. Ce bilan est positif, mais je pense avoir encore des choses à accomplir jusqu’en juin.»

Le dernier événement majeur de son mandat sera les assises de l’immigration du 28 mai, à Nyon. «J’avais commencé par des assises de l’immigration en 2007, ça me permettra en quelque sorte de boucler la boucle»