Vaud

16 octobre 2019 06:14; Act: 16.10.2019 06:14 Print

Une juge au grand coeur a voulu arnaquer le Canton

par Christian Humbert - La femme, qui s'était attachée à une dame sous curatelle, a rédigé une fausse facture en espérant que l'argent irait à sa protégée. Elle a été condamnée.

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Le faux établi en 2018 portait sur des frais de déménagement. (Photo: iStock / image prétexte)

Une faute?

Son mari est un avocat connu. Elle-même portait la double casquette de curatrice rattachée aux secteurs de Lausanne et de l’Ouest lausannois et de juge assesseure auprès des justices de paix de Lavaux-Oron et de la Riviera-Pays-d’Enhaut. Elle était donc armée pour savoir qu’établir une fausse facture est un délit.

Elle l’a pourtant fait, en juillet 2018, dans le but de venir en aide à une femme dont sa fille, elle aussi curatrice, avait la charge. Voyant que la situation financière de cette dame n’était pas au mieux, la juge laïque a rédigé sous son nom de jeune fille une facture de 2500 francs censée correspondre à des frais de déménagement. Elle l’a adressée à la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) en pensant que l’argent serait versé à la pupille.

Suspendue de toutes fonctions officielles

Mais la combine n’a pas fonctionné: la DGCS avait déjà payé directement une société de déménagement. L’affaire a été éventée et le Tribunal cantonal, organe de surveillance des justices de paix et des curateurs, a dénoncé la faussaire. Parallèlement, il l’a suspendue de toute activité officielle et a également retiré son mandat de curatrice à la fille, quand bien même celle-ci ignorait tout de l’affaire.

La prévenue, qui n’a jamais eu l’intention de conserver la somme facturée, a confirmé avoir agi «pour stabiliser les finances» de la pupille de sa fille, à laquelle elle s’était «attachée». Elle vient d’être condamnée à 30 jours-amende avec sursis et à une amende de 300 francs pour faux dans les titres.