Lausanne

27 avril 2017 18:36; Act: 27.04.2017 20:43 Print

Unia: «Comme si la foudre nous avait frappés»

Le syndicat veut que la lumière soit faite sur l'affaire d'escroquerie à la Caisse cantonale de chômage. Il a suspendu ses deux collaborateurs actuellement sous enquête.

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Deux employés du syndicat Unia et des patrons d'entreprises sont fortement soupçonnés d'être mêlés à une affaire d'escroquerie au préjudice de la caisse cantonale vaudoise de chômage. L'enquête est en cours.

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«Une instruction est en cours pour une affaire liée avec la perception indue d’indemnités en cas d’insolvabilité commise au préjudice de la Caisse cantonale de chômage dans le domaine de la construction.» Le ministère public vaudois a indiqué, jeudi, qu'une vingtaine d'entreprises sont fortement soupçonnées d'avoir participé à une affaire d'escroquerie qui pourrait causer plusieurs millions de francs de préjudice. «Selon les éléments recueillis à ce stade, de très nombreux travailleurs auraient déclaré abusivement à la Caisse Cantonale de Chômage avoir été employés par ces sociétés afin de percevoir indûment des indemnités en cas d’insolvabilité consécutivement à la faillite de celles-ci», a signalé le ministère public.

Selon les renseignements de 20minutes.ch, deux collaborateurs du syndicat Unia, dont l'un travaille à Lausanne et l'autre à Berne, seraient impliqués dans ce qui s'apparente à un réseau d'escroquerie. «Des perquisitions et interpellations ont été conduites entre mardi et jeudi dans plusieurs cantons», a indiqué le parquet vaudois.

Les deux collaborateurs d'Unia suspendus

Responsable du secteur des constructions chez Unia, Pietro Carobbio a indiqué que le syndicat avait pris une première mesure dès qu'il a appris l'affaire, jeudi. «Nos deux employés sous enquête ont été suspendus. C'est une affaire qui concerne deux personnes au sein d'un syndicat comme le nôtre qui emploie un millier de collaborateurs. Mais c'est comme si nous avions reçu la foudre. Nous mettons à la disposition de la justice nos livres et nos ordinateurs pour que toute la lumière soit faite», a réagi le syndicaliste.

Faillites provoquées pour toucher de l'argent

Selon 24heures.ch, qui a révélé l'affaire, un système de tromperie aurait été mis en place. La tromperie est énorme.
«Tout partait de faillites d'entreprises, souvent des ferrailleurs. Le patron de la société soi-disant moribonde ne payait plus ses employés durant les quelques mois avant la faillite. Ainsi, a signalé le site du quotidien vaudois, une fois la faillite prononcée, les employés lésés pouvaient demander au chômage des indemnités pour les mois impayés. Mais en réalité, en plus des vrais employés lésés, de nombreux employés fictifs étaient déclarés au chômage.»

Réaction du patronat

De son côté, la Fédération vaudoise des entrepreneurs a indiqué qu'à sa connaissance, aucun de ses sociétaires n'était impliqué dans cette ténébreuse affaire. «Si le contraire était avéré, nous
prendrions les mesures d’exclusion nécessaires», a poursuivi l'organisation patronale.

En cours depuis près d’une année, l'enquête est menée par la brigade financière de la police vaudoise.

(apn)