Accès aux films

04 février 2011 16:09; Act: 04.02.2011 17:12 Print

Vaud ne veut pas des mêmes limites d'âge

Le canton de Vaud bloque le processus d'harmonisation des limites d'âge d'entrée au cinéma.

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Alors que tous les autres cantons ont approuvé une convention intercantonale pour fixer des limites d'âge d'entrée au cinéma, Vaud n'a pas encore adapté sa législation. L'entrée en vigueur risque donc d'être retardée.

La Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP) a adopté la convention le 12 novembre 2010. Tous les cantons se sont prononcés favorablement, mais Vaud s'est abstenu. «Vaud a sa propre législation et sa propre commission et il devrait l'abolir», a dit Stefan Leutert, collaborateur scientifique à la CCDJP, confirmant vendredi une information du «Tages-Anzeiger» et du «Bund».

«Nous sommes en train de réfléchir à l'application, car il faut passer par le Grand Conseil pour changer la loi», a expliqué à l'ATS Michael Fiaux, porte-parole du Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture. Et le canton de Vaud critique encore certains point de la convention, même s'il a déjà obtenu des modifications.

Alors qu'actuellement les réglementations concernant l'âge d'accès aux projections varient d'un canton à l'autre, la convention doit les harmoniser. Le nouveau système prévoit d'instaurer une commission nationale du film et de la protection des mineurs. Celle- ci sera composée de représentants de la branche du cinéma, de représentants des autorités et de spécialistes indépendants.

Commission remise en cause

Le canton de Vaud, qui dispose de son propre organe, estime que cette commission sera trop proche des milieux de la production de films pour être indépendante, explique M. Fiaux. Il craint aussi certaines difficultés et lacunes concernant les films francophones, car la commission reprendra les âges d'entrée fixés par l'organe de contrôle compétent en Allemagne, la FSK.

Les films qui n'ont pas fait l'objet d'une classification par la FSK, notamment ceux en français et en italien, seront examinés par la commission suisse. «Mais celle-ci doit s'auto-saisir et il risque d'y avoir des failles», relève le porte-parole du Département de la conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon.

Tant que tous les cantons ne sont pas d'accord, la convention ne peut pas entrer en force. C'est une condition de la branche du cinéma, qui est partie prenante. Vu le blocage dans le canton de Vaud et le temps nécessaire à modifier la loi, l'entrée en vigueur à la mi-2011 semble très difficile, selon Michael Fiaux.

Débloquer la situation

Pour tenter de débloquer la situation, la présidente de la CCDJP, la conseillère d'Etat st-galloise Karin Keller-Sutter, va écrire une lettre à Anne-Catherine Lyon, a-t-elle indiqué à l'ATS. Elle y demandera au canton de Vaud ce qu'il entend concrètement entreprendre et dans quel délai pour que la commission puisse commencer son travail comme prévu le 1er juillet 2011.

Neuchâtel et Genève, qui avaient aussi mis les pieds au mur dans un premier temps, ont fini par se rallier au projet.

(ats)