Mobilité

05 février 2019 16:17; Act: 05.02.2019 19:53 Print

Vaud se bat pour le maintien d'une ligne TGV

La liaison TGV Paris-Lausanne a été au menu du Grand Conseil vaudois, mardi.

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Le Conseil d'Etat vaudois a sollicité une rencontre avec Lyria. (Photo: Keystone/Photo d'illustration)

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Les explications de Lyria sur la suppression d'une liaison TGV Paris-Lausanne par Vallorbe n'ont convaincu ni le gouvernement vaudois, ni les députés. Mardi, ils ont voté à l'unanimité moins une abstention une résolution demandant à l'entreprise de revenir en arrière.

La résolution signée par le socialiste Nicolas Rochat Fernandez s'inquiète de la volonté de TGV Lyria de supprimer une des quatre liaisons Lausanne-Paris via Vallorbe et de la remplacer par une liaison via Genève. Son objectif: faire savoir à la société franco-suisse que le Grand Conseil s'y oppose et soutient les démarches du gouvernement vaudois demandant d'y renoncer.

Dès décembre 2020

Pour l'élu, la décision est incompréhensible. Non seulement au vu de la saturation actuelle de la ligne Lausanne-Genève, mais surtout elle fait fi du financement des travaux par la Confédération pour optimiser le tronçon Dôle-Dijon.

«Le trajet de 7h00 à Vallorbe serait ainsi supprimé dès décembre 2020. La société nous rassure en mentionnant plus de places et l'installation du wi-fi», a poursuivi le député. «Mais la situation est grave».

Notamment face à la problématique du climat. Nicolas Rochat Fernandez a rappelé que Lyria a aussi supprimé la liaison Genève-Marseille en hiver, laissant la voie libre aux vols pour Marignan. Il a invité les députés à soutenir sa résolution et la position du Conseil d'Etat vaudois.

Pas de dialogue préalable

C'est aussi celle du Conseil régional de la Bourgogne-Franche-Comté et de sa présidente Marie-Guite Dufay, a déclaré la présidente du Conseil d'Etat Nuria Gorrite devant le plénum. Les deux politiciennes ont envoyé une lettre commune à Lyria, à la SNCF et Andreas Meyer, patron des CFF pour protester contre cette décision.

«Dans cette affaire, le fond et la forme ne conviennent pas», a souligné la cheffe du Département des infrastructures. «Lorsqu'on supprime des liaisons, on s'adresse à l'autorité pour dialogue préalable. Cela n'a pas été fait».

Arguments incompréhensibles

Les arguments de Lyria sont pour le moins incompréhensibles, estime-t-elle. «En clair, c'est en raison du chantier de la gare de Lausanne, par manque de place. Or le projet de rénovation a été modifié sur ce point pour permettre en tout temps l'arrivée de l'ensemble des TGV, un objectif stratégique du canton.

»On a besoin d'être relié autrement que par l'aéroport. Le peuple suisse a aussi voté un raccordement aux lignes de TGV pour électrifier la ligne, la rénover et maintenir la desserte, a-t-elle rappelé.

Rencontre demandée

«Genève-Lausanne est l'une des lignes les plus saturées du pays, avec de nombreux chantiers en cours. On peine à croire qu'il faille précisément y injecter une ligne internationale. Cela ne tient pas la logique là encore».

Le Conseil d'Etat a sollicité une rencontre avec Lyria. «Dans la période que nous vivons, nous croyons que les liaisons ferroviaires doivent être attractives», a noté Mme Gorrite.

Pas d'influence directe

TGV Lyria appartient à trois quarts à la SNCF et un quart aux CFF. «On n'a pas les leviers pour influencer de manière directe. Mais il n'est pas inutile de protester», a-t-elle ajouté.

«On demande le respect de la décision du peuple qui a plébiscité le raccordement aux lignes TGV. La Confédération a investi 60 millions pour laisser passer les trains à grande vitesse», a-t-elle rappelé.

(nxp/ats)