Lausanne

29 avril 2019 21:18; Act: 29.04.2019 22:29 Print

WC fermés et toxicomanie: des élus contestent

par Frédéric Nejad Toulami - La décision de l'Exécutif de priver les passants d'accès aux toilettes publiques rénovées dès le 15 mai est critiquée.

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Voici l'état dans lequel les employés communaux découvraient les WC de la place de la Riponne au petit matin. (Photo: dr)

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«La rénovation de ces toilettes ont coûté 350'000.- aux contribuables lausannois; elles doivent être accessibles à toutes et tous et non pas réservées à une frange de la population.» Elu libéral-radical et membre du comité local du PLR, Henri Klunge s'étonne de la décision récente des autorités politiques lausannoises de fermer, dès le 15 mai, les WC de la place de la Riponne de midi à 19h.

Parlant de «succès» dans sa politique, la Ville a toutefois décidé de «s’engager contre la consommation de produits stupéfiants» dans ces WC, «notamment durant les heures d’ouverture de l’espace de consommation sécurisé (ECS), où les consommateurs de stupéfiants seront orientés vers l’ECS. La police, les correspondants de nuit, dont les effectifs et la mission sont élargis, et le service de la propreté urbaine assureront une présence renforcée sur la place et dans les environs afin d’accompagner l’évolution attendue.»

Pour une prolongation de l'ouverture de l'ECS

«Si la mesure indiquée est provisoire pour changer les habitudes des toxicomanes, cela peut-être compréhensible, estime Henri Klunge. Mais c’est alors accepter que dès 19h elles redeviennent un espace de consommation non sécurisé, alors que la Municipalité s’était engagée à appliquer une tolérance zéro une fois l’ECS ouvert.» Le PLR demande pourquoi on ne prolonge pas les horaires d’ouverture de l’ECS . Et s'interroge sur l'éventuelle présence dissuasive de policiers ou des travailleurs sociaux hors murs à côté des toilettes dans le but d'obtenir un changement d’habitude sans confisquer les toilettes pour le reste de la population.

Quant au chef du groupe libéral-conservateur au conseil communal (délibérant, ndlr), il ne mâche pas ses mots: «J'ai été assez estomaqué à la lecture du communiqué de la Ville, dans lequel la Municipalité se passe bruyamment la pommade, explique Valentin Christe. En préambule, je serais curieux d'apprendre sur quelles bases elle estime que sa politique est couronnée de succès. Si tel était réellement le cas, les toxicomanes ne seraient déjà plus à la Riponne durant la journée.»

«Local d'injection officieux»

Il déplore ensuite le choix qui consiste à fermer ces WC, «puisqu'en effet c'est toute la population qui fait les frais de cette décision, au propre comme au figuré s'agissant des contribuables». Le PLC déplore que la Municipalité n'ait pas décidé de s'engager contre la consommation et la distribution de produits stupéfiants dans l'ensemble de l'espace public, et pas uniquement dans les WC de la place de la Riponne.

Valentin Christe relève aussi que ces toilettes ne seront fermées que pendant les heures d'ouverture de l'ECS. «Je ne peux comprendre cette décision que comme le fait que la Municipalité s'est résignée à ce que ces WC servent de local d'injection officieux hors des heures d'ouverture du local officiel. Pour ce qui est de la lutte contre la consommation de stupéfiants à la Riponne, il faudra donc repasser.»