Festival de Cannes

15 mai 2019 16:55; Act: 15.05.2019 16:58 Print

«Ça fait 20 ans qu'on est gilets jaunes»

Au deuxième jour du Festival du film à Cannes, le cinéaste français Ladj Ly a lancé un cri d'alarme sur les banlieues.

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Alain Delon a reçu la Palme d'or d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. (Dimanche 19 mai 2019) C'est sa fille Anouchka Delon qui lui a remis l'honneur. (Dimanche 19 mai 2019) Un moment très émouvant entre Alain Delon et sa fille Anouchka. (Dimanche 19 mai 2019) Emu, l'acteur a essuyé une larme devant le monde cinématographique français. (Dimanche 19 mai 2019) Bien que nominé plusieurs fois Alain Delon n'avait jamais été récompensé à Cannes auparavant. L'actrice américaine Andie MacDowell (gauche) et l'actrice anglaise Helen Mirren arrivent avant la projection de «Les Plus Belles Annees D'Une Vie». (Dimanche 19 mai 2019) La pluie a fait son apparition sur la Croisette samedi. (Dimanche 19 mai 2019) L'actrice italienne Monica Bellucci. (Dimanche 19 mai 2019) Anthony Vaccarello, Clara 3000, Beatrice Dalle, French model et Charlotte Gainsbourg, avant la projection de «Lux Aeterna». (Dimanche 19 mai 2019) Le vert est la couleur de la défense de l'avortement. (Samedi 18 mai 2019) Les marches du Festival ont tourné à la manifestation samedi. (Samedi 18 mai 2019) Au centre, l'Argentin Juan Solanas (C) pose avec l'équipe du film «Que Sea Ley», qui défend le droit à l'avortement et sera présenté samedi. (Samedi 18 mai 2019) De gauche à droite: Asier Etxeandia, Penelope Cruz, Pedro Almodovar et Antonio Banderas. (Cannes, 17 mai 2019) Penelope Cruz. (Cannes, 17 mai 2019) De gauche à droite: Pedro Almodovar, Antonio Banderas et Micole Kimpel. Ils viennent pour la projection du film «Dolor Y Gloria». (Cannes, 17 mai 2019) L'acteur espagnol Antonio Banderas. (Cannes, 17 mai 2019) L'actrice indienne Deepika Padukone. (Cannes, 17 mai 2019) Le DJ français Kiddy Smile. (Cannes, 17 mai 2019) Le top amércain Bella Hadid. (Cannes, 17 mai 2019) Jean-Michel Jarre et l'actrice chinoise Gong Li. (Cannes, 17 mai 2019) Elton John a fait son arrivée sur la Croisette jeudi pour la promotion du film «Rocketman». L'actrice américaine Amber Heard. (Cannes, 15 mai 2019) Cannes, 15 mai 2019. Tina Kunakey. (Cannes, 15 mai 2019) Julianne Moore. (Cannes, 15 mai 2019) Jamel Debbouze. (Cannes, 15 mai 2019) Carla Bruni. (Cannes, 15 mai 2019) Carla Bruni. (Cannes, 15 mai 2019) Le cinéaste français Ladj Ly présente son premier long métrage «Les Misérables», en compétition à Cannes. Il en a profité pour lancer un coup de gueule sur la situation des banlieues en France. (15 mai 2019) Alejandro Gonzalez Inarritu, président du jury. (Cannes, 15 mai 2019) Cannes, 15 mai 2019. Caroline Scheufele et Julianne Moore. (Cannes, 15 mai 2019) Gong Li. (Cannes, 15 mai 2019) L'actrice Nadine Labaki. (Cannes, 15 mai 2019) L'acteur américain Bill Murray. (Cannes, 15 mai 2019) Jim Jarmusch. (Cannes, 15 mai 2019) André Dussollier. (mardi 14 mai 2019) Macha Meril. (mardi 14 mai 2019) Estelle Lefebure. (mardi 14 mai 2019) La réalisatrice libanaise et président du jury «Un Certain Regard» Nadine Labaki. (mardi 14 mai 2019) Farhana Bodi. (mardi 14 mai 2019) Eva Longoria. (mardi 14 mai 2019) TOPSHOT - French actress Frederique Bel arrives for the screening of the film 'The Dead Don't Die' during the 72nd edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 14, 2019. (Photo by Alberto PIZZOLI / AFP) L'actrice américaine et membre du jury Festival de Cannes Elle Fanning. (mardi 14 mai 2019) Eva Longoria. (mardi 14 mai 2019) Les acteurs français Sabine Azema et André Dussollier. (mardi 14 mai 2019) Le ministre français de la Culture Franck Riester, le réalisateur Rosalie Varda et l'acteur français Mathieu Demy. (mardi 14 mai 2019) Une invitée gravit les marches du 72e festival de Cannes. (mardi 14 mai 2019) Le président du jury Alejandro Gonzalez Inarritu. (mardi 14 mai 2019) Selena Gomez. (mardi 14 mai 2019) Chloe Sevigny et Selena Gomez pour «The Dead Don't Die». (mardi 14 mai 2019) Alessandra Ambrosio pour la première du film «The Dead Don't Die». (mardi 14 mai 2019) Les membres du jury Robin Campillo, Pawel Pawlikowski, Yorgos Lanthimos, Alice Rohrwacher, Enki Bilal, Maimouna N'Diaye, Kelly Reichardt, Alejandro Gonzalez Inarritu, et Elle Fanning. (mardi 14 mai 2019) Alessandra Ambrosio. (mardi 14 mai 2019) Elle Fanning, Pawel Pawlikowski, Robin Campillo et Alice Rohrwacher. (mardi 14 mai 2019) Stars, glamour et zombies: le festival international du film de Cannes démarre ce mardi 14 mai 2019. (mardi 14 mai 2019) Cette 72e édition doit accueillir une myriade de célébrités. (Cannes, 14 mai 2019) Le défilé de stars commence dès mardi soir, avec «The Dead don't die» de Jim Jarmusch, un habitué de la Croisette. (Cannes, 14 mai 2019) Alain Delon doit recevoir une palme d'honneur. Sa venue a suscité la controverse en raison notamment de propos «racistes, homophobes et misogynes», selon les termes de l'association Women and Hollywood, prononcés dans le passé par l'acteur mythique du «Guépard» et dénoncés dans une pétition. (14 mai 2019)

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«Ça fait 20 ans qu'on est gilets jaunes, qu'on revendique des droits, qu'on subit les violences policières et qu'on se prend des coups de flashball»: avec «Les Misérables», son premier long métrage, en compétition à Cannes, le Français Ladj Ly lance un cri d'alarme sur les banlieues.

Celui qui a grandi et vit toujours à Clichy-Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, à l'est de Paris, avait filmé sa ville après les émeutes de 2005, provoquées par la mort de deux adolescents. En qualité alors de documentariste.

En 2017, il tente l'aventure de la fiction avec un court-métrage, «Les Misérables», nommé aux César, dont il va reprendre la trame pour un long-métrage en forme de manifeste, présenté mercredi soir en sélection officielle. Car, dans les banlieues, le risque d'explosion est plus que jamais là, explique le réalisateur de 39 ans.

«On a eu 2005, on a eu un petit aperçu. Quinze ans après, les choses n'ont pas vraiment évolué», souligne celui qui se dit prêt à aller montrer à l'Elysée son film au président Macron.

«Les Misérables», qui emprunte son titre au roman de Victor Hugo, dont l'action se déroule en partie à Montfermeil, suit les premiers jours de «Pento» (Damien Bonnard), un flic qui débarque à la brigade anti-criminalité, en plein été, au lendemain de la victoire des Bleus.

Ses premières heures avec ses coéquipiers - Chris (Alexis Manenti) et «Gwada», issu de quartiers (Djebril Zonga) - s'apparentent à un bizutage et lui font découvrir la cité et ses habitants.

L'occasion de brosser un tableau saisissant d'une société, «si loin, si proche» de Paris, avec les jeunes - «les microbes» - qui errent sans perspective, les Frères musulmans qui prodiguent conseils aux petits, des gitans prêts à en découdre, des habitants chargés d'apaiser les tensions...

«Montfermeil reste un ghetto laissé longtemps à l'abandon. Les gens sont obligés de trouver des compromis pour que ça ne dégénère pas», souligne Ladj Ly, qui a voulu éviter les clichés sur la banlieue, choisissant de ne pas mettre de rap dans le film, ni de montrer de drogues ou d'armes.

Violence sociale

Avec l'idée d'être au plus juste: «ni pro-banlieusards, ni anti-condés [anti-flics]». «Les Misérables, c'est tout le monde, les habitants, comme les policiers. C'est cette multitude de souffrance et de violence», souligne le comédien Damien Bonnard, vu l'an dernier dans «En Liberté !».

Une violence sociale qui fait écho à celle des «gilets jaunes», estime Ladj Ly, et qui est réprimée de la même manière par des violences policières. Dans le film, c'est un tir de lanceur de balles de défense qui va précipiter l'explosion de la cité.

«Cela fait six mois que les gilets jaunes sont dans la rue et revendiquent aussi des droits, qu'ils se prennent des coups de flashballs . En six mois, aucune solution n'a été apportée, on a envie de dire aux politiques: c'est votre rôle de trouver des solutions», lance-t-il. Avec en tête: le sort réservé à la génération suivante, celle qui a déjà perdu espoir et qu'il filme sans relâche dans son film.

Soucieux de promouvoir son fief et de passer le relais, Ladj Ly a tourné sur place avec de nombreux habitants et a récemment fondé une école de cinéma gratuite (baptisée Kourtrajmé, du nom du collectif de cinéastes dont il fait partie) pour découvrir les talents de demain. «En tant que banlieusard, on en a marre que les gens racontent des histoires à notre place» dit-il, espérant que dans quelques années, ce seront ses élèves qui seront à Cannes à sa place.

S'il prévoit mercredi soir une montée des marches entre potes, avec une quarantaine d'acteurs du film ayant fait le déplacement, il pense déjà à la suite: un biopic sur Claude Dilain, l'ancien maire de Clichy, défenseur des banlieues qui s'était fait connaître du grand public lors des émeutes de 2005.

(nxp/afp)