«Ad Astra»

17 septembre 2019 21:40; Act: 17.09.2019 21:40 Print

Brad Pitt seul dans les étoiles

par Catherine Magnin - Avec «Ad Astra», James Gray réalise un film où l'intime rivalise avec le grand spectacle. La légèreté en fait les frais.

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Dans un futur proche, Roy (Brad Pitt) s'envole vers Neptune pour détruire un vaisseau spatial dont le dysfonctionnement menace la Terre entière. Détail: le commandant dudit vaisseau (Tommy Lee Jones, qui avait déjà joué les astronautes en 2000 dans «Space Cowboys») est le père de Roy. Et celui-ci le croit mort…

Elle est révolue, l'époque des odyssées de l'espace conquérantes, telle celle que Damien Chazelle chantait, avec un brin de nostalgie, dans «First Man». James Gray, lui, ajoute sa pierre à l'édifice d'une ère d'introspection douloureuse à laquelle l'infini intersidéral sert de caisse de résonance. On pense à «Interstellar», à «Gravity». Certes, il est toujours question de s'arracher à notre planète. «Ad Astra»: «Vers les étoiles», dit la formule latine qui se poursuit en «per aspera», par des sentiers ardus. L'âpreté du voyage autorise même qu'on lorgne une variante, «per angusta» et ses voies étroites (que de couloirs exigus, dans le film!).

Solitude angoissante

Osons même dériver vers «per angustia», origine étymologique de nos angoisses. Car c'est bien d'inquiétude qu'il est question. Roy a beau garder son sang-froid en toutes circonstances, c'est sa profonde solitude d'être humain qu'il expérimente dans l'espace. Sa quête d'une réponse, par figure paternelle interposée, n'a rien d'une sinécure et Gray s'appesantit beaucoup, pour l'illustrer, sur l'oeil humide (Brad sait y faire...) de son héros. Un peu trop, même.