Gugu Mbatha-Raw

02 décembre 2019 06:17; Act: 02.12.2019 06:17 Print

«Je souhaite casser les tabous et les préjugés»

par Henry Arnaud, Hollywood - Vue dans «Seul contre tous» avec Will Smith, Gugu Mbatha-Raw est à l'affiche de«Brooklyn Affairs», qui sort ce mercredi.

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Gugu Mbatha-Raw: son prénom signifie «fierté» en zoulou. (Photo: AFP)

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Mère blanche, père noir: c'est très jeune que Gugu Mbatha-Raw a dû apprendre à s'imposer. À 36 ans, la Britannique a réussi à devenir l'une des actrices les plus en vue de sa génération.

«Brooklyn Affairs» repose sur l'origine des différents personnages. Avez-vous déjà recherché l'histoire de vos ancêtres?

Je n'ai jamais fait de test ADN, mais ça m'intrigue depuis la fin du tournage. Ma mère est Anglaise et mon père est un Zulu d'Afrique du Sud. J'ai été au Zululand pour découvrir l'origine de ma famille paternelle et j'ai aussi passé du temps dans le township de Guguletu pour explorer cette partie de l'Afrique du Sud.

L'histoire de vos parents pourrait faire l'objet d'un film, non?

Peut-être. Ils travaillaient dans le même hôpital. Ils ont divorcé quand j'avais 3 ans et j'ai grandi surtout au Royaume-Uni. Maman bossait beaucoup et arrivait souvent épuisée à la maison. Elle aimait la médecine, mais en voyant sa fatigue, je me disais que j'avais intérêt à trouver une carrière qui me prenne aux tripes si je devais bosser autant qu'elle.

Des artistes doivent changer leur nom en arrivant à Hollywood. Avez-vous dû vous battre pour conserver le vôtre?

J'ai commencé à travailler en Angleterre, où ce genre de pratique n'existe pas. Je me serais battue pour conserver mon nom, car Gugu signifie «fierté» en zoulou. Un comédien n'est pas à l'écran juste pour divertir. Moi, j'espère changer les mentalités. Je veux casser les tabous et les préjugés qui existent encore sur les gens à la peau noire ou bronzée.

Avez-vous toujours rêvé de cinéma?

Non, enfant je voulais être danseuse classique. A 15 ans, j'ai passé un examen pour entrer dans une grande compagnie anglaise et j'ai échoué. Ça a été une telle claque que j'ai remis en question mon futur. J'ai ensuite pris des cours de théâtre et de comédie musicale. Au final, heureusement que je ne suis pas devenue danseuse étoile, car à 36 ans, je serais déjà à la retraite (rires).

Le jazz occupe une place de choix dans «Brooklyn Affairs», dont vous partagez l'affiche avec Edward Norton. Quelle est votre rapport avec cette musique?

Je suis née avec du jazz dans ma maison et nous écoutions toujours en famille les disques de Nina Simone et Ella Fitzgerald. J'ai grandi en apprenant le saxophone, que je pratique depuis l'âge de 11 ans. Sur le tournage, j'écoutais dans ma loge des morceaux de Billie Holiday et Miles Davis entre deux scènes.

La bande-annonce de «Brooklyn Affairs»:

Découvrez la bande-son du film ici.