Berlinale 2020

24 février 2020 21:09; Act: 25.02.2020 18:14 Print

«Notre amitié aide la barque à rester à flot»

par Marine Guillain, Berlin - Les romandes Stéphanie Chuat et Véronique Reymond présentent leur nouvelle fiction en compétition à Berlin.

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Véronique Reymond (à g.) et Stéphanie Chuat se connaissent depuis qu'elles ont 10 ans. (Photo: AFP/Tobias Schwarz)

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Pas besoin d'être frère et soeur, comme les héros de leur long métrage, pour avoir une relation fusionnelle. Stéphanie Chuat et Véronique Reymond se sont rencontrées enfants et se sont liées d'amitié pour ne plus se quitter. Nous avons pu leur poser quelques questions juste avant la projection de «Petite soeur», en compétition à la Berlinale.

Pouvez-vous nous parler de votre rencontre et de votre relation?

Véronique Reymond: On était dans la même école à Prilly, près de Lausanne, et on s'est retrouvées dans la même classe quand on avait 10 ans. On est vraiment devenues amies à 14 ans, quand on s'est découvert une passion commune pour le théâtre. Ça nous a liées, on n'était pas sûres de nous et on s'est aidées mutuellement pour oser se lancer. Des gens qui ne travaillent pas en duo nous envient parfois, car c'est réellement un métier très dur.
Stéphanie Chuat: À chaque fois qu'il y avait une fête, on préparait des chorégraphies, des chansons, des spectacles... On a fait un numéro de clown, on a joué dans la rue au Festival d'Avignon, on a chanté du yodel... On s'est vraiment diversifiées. C'est un milieu dur, avec de sacrés bas et de sacrés hauts, et notre amitié aide la barque à tout le temps être à flot.

Vous avez réalisé une fiction, «La petite chambre», en 2010, un documentaire, «Les dames», en 2018, maintenant à nouveau une fiction... Est-ce qu'il y a un genre dans lequel vous êtes plus à l'aise?

Véronique: La fiction et le documentaire sont très différents, tout en s'enrichissant l'un l'autre. Lorsqu'on a fait «Les dames», des gens ont cru que c'était une fiction. Alors qu'à l'inverse avec «Petite soeur», ceux qui ont déjà vu le film ont été troublés par la réalité du propos. On aime flirter avec les limites. C'est peut-être parce qu'on a un background de comédiennes que pour nous, le personnage est central dans tout ce qu'on fait.

En parlant de votre documentaire, comment avez-vous vécu sa sortie en salle et le succès qu'il a rencontré?

Stéphanie: Il a été extrêmement difficile de financer «Les dames», alors ça a été extraordinaire d'arriver à le faire, et qu'il sorte en salle ensuite. L'écho qu'il a eu, le fait que ce sujet sorte de l'ombre, c'était le plus grand des cadeaux.

C'est justement ce sujet qui a été difficile à vendre?

Véronique: Oui. Mettre en scène des femmes âgées ordinaires et seules, qui sont les héroïnes de leur quotidien, mais qui sont comme invisibles, n'est pas ce qu'il y a de plus vendeur. Et finalement, il a touché toutes les générations.

Aujourd'hui, vous êtes à Berlin: comment vous sentez-vous, à quelques heures de la présentation de «Petite soeur» au public?

Véronique: C'est excitant et stressant. Enfin, c'était surtout stressant avant, il y avait mille choses à faire. Maintenant on y est, on est prêtes, et c'est extrêmement émouvant d'être là. L'écrin de notre film est Berlin, alors c'est génial de pouvoir le présenter ici.
Stéphanie: Oui, c'est une immense joie, un cadeau énorme.