Cinéma

02 avril 2019 14:30; Act: 02.04.2019 20:57 Print

«Réunion de famille» en hommage à Agnès Varda

Près de 650 personnes étaient présentes ce mardi à la Cinémathèque française à Paris pour dire au revoir à la cinéaste récemment décédée.

Parmi les célébrités, l'actrice Catherine Deneuve et le photographe Jean René alias JR étaient présents.
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Des personnalités de la «famille» du cinéma et des anonymes sont venus rendre un dernier hommage mardi à la Cinémathèque française à Agnès Varda. Cette figure mondiale du 7e Art et pionnière de la Nouvelle vague française est décédée vendredi.

Environ 650 personnes étaient présentes pour cette cérémonie d'adieu, en présence de ses enfants Mathieu Demy et Rosalie Varda Demy. Parmi elles, se trouvaient l'actrice et chanteuse Jane Birkin, qui avait fait avec elle le film «Jane B. par Agnès V.», l'actrice Sandrine Bonnaire, qui avait joué l'héroïne de «Sans toit ni loi», l'artiste JR, qui avait coréalisé avec elle en 2017 un de ses derniers documentaires, «Visages, villages».

«Ce n'est pas un hommage, mais une réunion de famille autour de cette oeuvre si riche qui aide à penser et à réfléchir», a souligné le directeur de la Cinémathèque française Frédéric Bonnaud, saluant en Agnès Varda «une des cinéastes qui s'autorisent tout», qui «faisait cinéma de tout et de tous, pour tous».

«Sa famille de cinéma, c'était Godard, Resnais, Chris Marker, (Jacques) Demy», dont elle a été la compagne pendant 30 ans, a-t-il ajouté. «Agnès était du côté des expérimentateurs et des essayistes».

«Vigie des inventions du cinéma»

Ponctué d'extraits de films, l'hommage a débuté par la diffusion de quelques minutes de l'emblématique «Cléo de 5 à 7» (1962), alors que les personnes rassemblées étaient invitées à porter un badge avec un dessin représentant la cinéaste, née en Belgique.

Le ministre de la Culture Franck Riester a rendu hommage à celle qui avait reçu un César d'honneur en 2001 et un Oscar d'honneur en 2017, saluant «une femme exceptionnelle et lumineuse» et une «vigie des inventions du cinéma», qui «a inspiré toute une génération».

Bouleversée, la voix brisée, Sandrine Bonnaire s'est adressée à Agnès Varda. «Quand je t'ai rencontrée, j'étais une fleur. Après ce film que nous avons fait ensemble, je suis devenue un arbre, je me suis enracinée dans ce métier», s'est-elle rappelée, longuement applaudie.

JR a, lui, raconté sa première rencontre avec Agnès Varda et de nombreux souvenirs artistiques. «C'était une artiste pleine de vie. On a oublié toute différence d'âge. On était deux artistes qui voulaient créer ensemble. Elle était ma pote».

Lion d'or en 1985

Ses obsèques devaient avoir lieu en début d'après-midi au cimetière du Montparnasse à Paris, où elle rejoindra Jacques Demy.

Femme de convictions ayant bâti une oeuvre originale, souvent pionnière, à la frontière entre documentaire et fiction, Agnès Varda avait obtenu un Lion d'or à Venise en 1985 pour «Sans toit ni loi». Elle laisse une oeuvre onirique, humaniste, radicale mais aussi fantaisiste et drôle

(nxp/ats)