«Proxima»

26 novembre 2019 21:32; Act: 26.11.2019 21:32 Print

Être astronaute et maman

par Marine Guillain - Dans «Proxima», une femme s'apprête à partir en mission spatiale et apprend à vivre sans sa fille. Scotchant.

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S'envoler dans l'espace, ce n'est pas rien. Mais lorsqu'il s'agit de participer à une mission d'un an et que l'on est mère d'une fille de 8 ans… c'est encore autre chose. Pourtant, quand la nouvelle tombe, Sarah (Eva Green) saute de joie: aller dans l'espace, c'est son rêve qui se réalise. Seule femme dans un univers plutôt machiste, la Française rencontre ses coéquipiers Américain (Matt Dillon) et Russe (Aleksey Fateev). Elle commence un entraînement éprouvant, lors duquel elle doit faire sa place, s'affirmer et, plus que tout, lutter contre sa culpabilité de mère.

Il y a un aspect quasi documentaire passionnant dans «Proxima». Le film rend compte brillamment de l'ampleur de la mission, de la rigueur de l'entraînement mental et physique, de la brutalité des exercices de simulation. De plus, tout a été tourné sur de vrais sites: au centre des astronautes européens à Cologne (All), à la Cité des Étoiles, près de Moscou, et sur la base de lancement de Baïkonour (Kaz).

La plus grande beauté de ce film marquant, outre son scénario singulier (signé Alice Winocour et Jean-Stéphane Bron), tient dans l'intelligence du ton. L'amour fusionnel entre Sarah et sa fille Stella, malmené par la distance, bouleverse, à l'instar de leur courage. Un bel hommage aux femmes cosmonautes, grâce à un regard résolument féministe.