Festival de Locarno

15 août 2019 19:10; Act: 16.08.2019 15:34 Print

Les teenagers, source d'inspiration inépuisable

par Marine Guillain - De nombreux cinéastes sélectionnés au Festival de Locarno ont choisi l'adolescence comme thème central. Tour d'horizon.

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«Adoration», de Fabrice du Welz, sera projeté vendredi soir sur la Piazza Grande. (Photo: dr)

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«Adolescentes»
Montré à la Semaine de la critique, «Adolescentes» est une pépite du Français Sébastien Lifshitz. Le cinéaste a suivi Anaïs et Emma pendant cinq ans, entre leurs 13 et 18 ans, filmant magnifiquement le quotidien et le temps qui passe. Le résultat est empli de vérité et de sincérité. Gros coup de cœur.

«Das freiwillige Jahr»
Encouragée par son père, Jette s'apprête à partir au Costa Rica pour y faire du bénévolat durant un an. Mais la jeune fille est tiraillée entre le devoir de faire plaisir à son paternel et l'envie de suivre son coeur, autrement dit rester avec son amoureux. Les Allemands Ulrich Köhler et Henner Winckler mettent ici en scène la lutte de Jette pour s'émanciper et faire ses propres choix. Le point de vue adulte n'est pas suffisamment exploré, mais il y a une bouffée d'air salvatrice dans cette fuite vers la liberté.

«Ham on Rye»
Tout commence avec des airs de «Virgin Sucides» de Sofia Coppola. Trois amies en robes blanches, tout comme d'autres étudiants, se rendent à un événement qui va vraisemblablement changer leur vie. L'intrigante atmosphère mise en scène par Tyler Taormina qui conduit à cette sorte de rite de passage laisse place à l'incompréhension du néant qui suit. Trop abstrait pour nous.

«Sapphire Crystal»
Durant une nuit, Virgil Vernier a suivi un groupe d'amis appartenant à la jeunesse dorée de la Cité de Calvin. Entre champagne showers, rails de coke snifé dans des billets de 1000 francs, jeux d'alcool futiles, ennui et vacuité, son doc de 30 minutes pénètre dans un milieu rarement montré, à une époque du cinéma où les classes prolétaires sont ultra représentées. Édifiant.

«La fille au bracelet»
Lise, 18 ans, se retrouve au tribunal, accusée d'avoir tué sa meilleure amie. Ancré sur un scénario solide et des dialogues sans détours, l'excellent film de Stéphane Demoustier explore les différentes sensibilités et compréhensions entre l'adolescence et l'âge adulte.

«O Fim do Mundo»
Après huit ans passés dans une maison de correction, Spira (Michael Spencer) revient dans son quartier, un bidonville de la banlieue de Lisbonne. Il a 18 ans, a perdu toute illusion, et redécouvre avec un nouveau regard le milieu de son enfance. Seul Suisse en lice pour le Léopard d'or, Basil Da Cunha embarque le spectateur au coeur d'un univers intense, mélange de violence, de joie et de désarroi, qu'il filme avec fougue. Le résultat est envoûtant.

«Days of the Bagnold Summer»
Les projets de vacances d'un ado fan de heavy metal tombent à l'eau à la dernière minute, ce qui le cantonne à devoir passer tout l'été avec la personne qui l'énerve le plus au monde: sa mère. L'acteur britannique Simon Bird passe derrière la caméra pour tisser le récit d'une relation complexe entre une mère et son fils (interprété par Earl Cave, le fils du chanteur Nick), qui ne cesse de passer de l'amour à la haine. Ce film a été montré mercredi soir sur la Piazza Grande.

«L'apprendistato»
Dans un prestigieux lycée hôtelier, l'indomptable Luca apprend l'art du service en salle. Qu'est-ce que le jeune homme devra sacrifier de sa liberté et de son adolescence pour travailler au service des clients? Réalisé par l'Italien Davide Maldi.

«Adoration»
Paul (Thomas Gioria, vu dans «Jusqu'à la garde» de Xavier Legrand), un garçon de douze ans, rencontre Gloria (Fantine Harduin, vue dans «Happy End» de Michael Haneke) et décide de s’enfuir avec elle. Ou l'épopée de deux jeunes qui suivent un rêve de liberté et d'amour. Ce drame de Fabrice du Welz sera projeté vendredi sur la Piazza Grande.