«Polisse»

18 octobre 2011 16:37; Act: 18.10.2011 16:37 Print

Ange gardien moderne, un boulot d’enfer

Plongée vertigineuse dans le quotidien de la Brigade de Protections des Mineurs, «Polisse» souffle le chaud et le froid. On en frémit encore.

Maïwenn s'est glissée avec tact dans un monde dur.
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Garde à vue de violeurs de bébés, arrestation de délinquants mineurs, dépistage de parents maltraitants, évacuation d’enfants du voyage... Travailler à la Brigade de Protection des Mineurs n’est pas une partie de plaisir. Surtout quand on n’est pas des machines, mais des humains, avec des états d’âme, des révoltes, des raz-le-bol... Avec «Polisse», Maïwen, qu’on n’attendait pas dans un tel registre, imbrique vies privées et professionnelles et dresse un bilan de société sidérant, où des gamines taillent une pipe pour des cacahuètes, où les adultes manipulent leurs enfants en leur faisant dire n’importe quoi.

Quelques grammes d'humour dans un monde de brutes

C’est grave? Oui. Mais Maïwenn alterne coups de poing et bouffées d’air frais, distille des fou-rires pour se préserver de l’horreur, des insultes pour évacuer l’excès de tension. Une épaisseur, que la réalisatrice filme dans toute sa complexité, qu’il s’agisse de victimes ou de coupables, d’anges-gardiens ou de salauds. Magistralement écrit, réalisé et interprété, «Polisse» mérite amplement le Prix du Jury qu’il a reçu au dernier Festival de Cannes.

(ffe)