«Anna»

10 juillet 2019 13:06; Act: 10.07.2019 13:10 Print

Anna, une poupée russe égarée au pays du déjà-vu

par Catherine Magnin - Le moins qu'on puisse dire, c'est que Luc Besson n'a pas cherché l'originalité en écrivant et réalisant son nouveau film.

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Sa société, EuropaCorp, plombée par l’échec de «Valérian», sa réputation mise à mal par des accusations dans la mouvance #MeToo, Luc Besson, 60 ans, s'est réfugié dans des valeurs qu'il pensait sûres. Résultat: «Anna» déçoit.

L'histoire

Dans les années 1980, KGB et CIA se livrent une guerre à couteaux tirés, en manipulant un pion: Anna (Sasha Luss). Sous couverture de mannequinat, la jeune femme trucide à tout va. La représentation de la guerre froide, comme les scènes de combat, regorgent de clichés. Surtout l'héroïne, femme forte aux formes parfaites, chahutée émotionnel­lement d'un piège à l'autre, rappelle furieusement une certaine Nikita.

Les interprètes

Avant «Anna», on n’avait vu Sasha Luss qu’en motion capture dans le rôle de la princesse
Lihö-Minaa dans «Valérian». Mannequin russe dans la vraie vie, elle peut compter sur trois partenaires: Luke Evans, Cillian Murphy et surtout une Helen Mirren qui semble s’être particulièrement amusée dans son rôle de machiavélique supérieure d’Anna au KGB.

Les atouts

Le scénario triture habilement la chronologie du récit, alternant les flash-back à intervalles de plus en plus serrés jusqu'au dénouement. Et à force de faire sans cesse le même type de films, Besson maîtrise ses effets. Le contraire serait désespérant.

Le verdict

Pensé comme une production internationale (en anglais) à budget «modeste» (30millions d’euros), «Anna» ne devrait pas atteindre les 10 millions de dollars de recettes aux États-Unis. Le public francophone lui sera-t-il plus favorable?