«Abominable»

08 octobre 2019 22:08; Act: 08.10.2019 22:08 Print

Au pays des nouilles, un yéti fait merveille

par Catherine Magnin - Impossible, cet automne, de passer à côté d'«Abominable», ses aventures et son mélange de cultures.

Une faute?

À 16 ans, Yi n'a besoin de personne. Depuis qu'elle a perdu son père, cette ado de Shang­haï a développé son sens de la débrouillardise pour mieux échapper aux obligations familiales. Sans imaginer à quel point cela lui sera utile quand, sur le toit de son immeuble, elle découvre… un abominable homme des neiges! Pas si abominable, la créature. Everest, comme la surnomme Yi, est terrorisée par les savants qui veulent l'exhiber comme un animal de foire. Alors, Yi va l'aider à rejoindre son Himalaya natal, avec l'aide de deux voisins, Peng et Jin. Commence un fabuleux voyage...

Un amour de nounours

Vacances obligent, les Romands découvrent «Abominable» deux semaines avant leurs voisins français. La réussite du film tient, bien sûr, dans celle de son personnage-titre, qui remplit complètement sa mission de gros nounours que son expressivité rend vite éminemment sympathique. Surtout, le scénario intègre à une légende phagocytée par l'Occident (qui dit yéti dit Tintin), la dimension animiste qui fait le charme des cultures sino-­japonaises – on pense à certains films de Hayao Miyazaki.

Premier long métrage d'animation entièrement produit par DreamWorks et sa filiale chinoise Pearl Studio, «Abominable» nous vaut un voyage plus grand que nature (l'Himalaya, ce n'est pas rien), avec des péripéties audacieuses qui ne se fourvoient pas dans l'agitation gratuite et savent rimer avec poésie pure.