Festival de Cannes

16 mai 2019 22:29; Act: 16.05.2019 22:29 Print

Banderas, alter ego d’Almodovar

par Laurent Vidal - Antonio incarne, comme un double de Pedro, un cinéaste en pleine déprime, dans «Douleur et gloire», qui sort en salle le jour de sa projection à Cannes, le 17 mai.

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(Photo: DR)

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Le réalisateur de «Tout sur ma mère», «Volver» ou encore «Julieta» décrochera-t-il (enfin) la Palme d’or pour cette œuvre bouleversante? Quoi qu’il en soit, son complice, Antonio Banderas, est bien parti pour un prix d’interprétation. Le comédien s’est confié à «20 minutes».

Avez-vous considéré ce film comme une lourde responsabilité?
Énorme, car je savais qu’Almodovar comptait sur moi plus que jamais. Il ne m’a cependant pas mis la pression. Notre complicité implique qu’il n’avait pas besoin de le faire. Nous savons comment nous fonctionnons l’un et l’autre, cela nous facilite la besogne.

Comment est Pedro aujourd’hui?
C’est un homme heureux, apaisé, qui aime plus que jamais le cinéma. Sa passion pour ses acteurs est toujours aussi forte. On se sent aimé quand on travaille avec lui et c’est quelque chose d’important pour un acteur, quelle que soit sa notoriété.

La bande-annonce de «Douleur et gloire»:

Il y a plus de trente ans que vous vous connaissez. A-t-il changé?
Nous avons tous mûri. Le film parle aussi de cela, des années qui passent et nous marquent. Mais ce n’est ni triste ni défaitiste: c’est la vie avec ses hauts, ses bas, et la joie des retrouvailles.

Comment définiriez-vous «Douleur et gloire»?
C’est une réflexion sur la création et la vie en général. Je pense que tout le monde se pose les questions qui tenaillent mon personnage. Pas besoin d’être cinéaste pour comprendre le processus et s’en émouvoir.

Vous tournerez à nouveau avec Almodovar?
Je l’espère de tout cœur! Je serai toujours présent s’il fait appel à moi. J’aimerais qu’il n’attende pas vingt ans pour le faire car ni lui ni moi ne rajeunissons!