«Scandale»

21 janvier 2020 20:02; Act: 21.01.2020 20:02 Print

Briser la loi du silence: un combat de longue haleine

par Marine Guillain - «Scandale» dévoile les dessous d'une affaire de harcèlement sexuel qui s'est déroulée dans le milieu de la télévision.

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Tout le monde connaît Harvey Weinstein. Mais avez-vous déjà entendu parler de Roger Ailes, PDG de Fox News? Le scandale qui l'a éclaboussé, survenu avant celui de Hollywood, vaut sacrément qu'on s'y attarde. En 2016, Kayla (personnage inventé, joué par Margot Robbie) débute chez Fox, média pour lequel elle a toujours rêvé de bosser. Peu après, sa collègue Gretchen Carlson (Nicole Kidman), mise à la porte, dénonce son ex-patron pour harcèlement sexuel. Bons avocats, preuves à l'appui: la quinqua est blindée. Mais il faut que d'autres victimes veuillent témoigner, et pour l'instant, aucune ne semble prête à mettre sa place en péril. Lorsque la populaire animatrice Megyn Kelly (Charlize Theron) avoue avoir elle aussi été harcelée par le patron de la chaîne, les choses se mettent à bouger à toute vitesse.

Pour traiter ce sujet brûlant, Jay Roach a opté pour un rythme trop frénétique et un modèle trop carré. «Scandale» survole ainsi l'affaire d'un peu trop haut, sans prendre le temps de ralentir sur des aspects essentiels, tel le ressenti profond des héroïnes. En résulte une certaine froideur, renforcée par les personnages qui, sous quatre couches de maquillage, ressemblent plus à des poupées qu'à des êtres humains. Il n'empêche: entre succès professionnel et peur, justifiée, de tout perdre, le dilemme est de taille. Il fallait un film pour en parler.