«Queens»

15 octobre 2019 20:22; Act: 15.10.2019 20:22 Print

Elles se mettaient à poil pour plumer les financiers

par Catherine Magnin - Inspiré de faits réels, «Queens» marie tant bien que mal glamour, provoc, thriller et société.

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On savait que la crise financière de 2007-2008 avait frappé de plein fouet les petits épargnants et les géants de la finance. Mais qui se serait douté que le boulot de strip-teaseuse aussi avait connu un coup de froid? Prenez Ramona, Destiny, Annabelle, Mercedes ou encore Diamond: elles qui s'en mettaient plein les poches sans prendre de risques en divertissant des financiers prodigues et insouciants ont dû changer de stratégie. Il a fallu appâter le client, le pousser dans ses retranchements, l'arnaquer. Dans cet exercice, difficile de ne pas se brûler les doigts.

«Queens» («reines») ou «Hustlers» («arnaqueuses», dans le titre original): voilà les deux fils rouges du film. En suivant Destiny (Constance Wu), nouvelle venue dans un club, le spectateur entre dans les coulisses pas toujours roses du strip-­tease. Il y a des hauts (le champagne à flots, le shopping à outrance) et des bas (larmes et retour chez maman).

Destiny apprend les ficelles du métier avec une diva de pole dance incarnée par une JLo pas peu fière de tenir la dragée haute, du haut de ses 50 ans, à celles qui pourraient être ses filles. L'héroïne, elle, manque de personnalisation, les enjeux policiers de son petit business et ses relations avec Destiny deviennent aussi ténus que des strings. Reste un film digne d'un strip-tease, qui promet beaucoup, ne touche guère, ne se mouille pas, et réussit à soutirer le prix d'un billet à la clientèle. Quant à l'enjeu politique et social, il est à peine effleuré.