«Joker»

08 octobre 2019 20:24; Act: 08.10.2019 20:24 Print

Et le Joker changea la face du monde

par Catherine Magnin - Annoncé comme un chef-d'oeuvre, le film de Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix dans le rôle-titre, tient toutes ses promesses.

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Qui est le Joker, l'ennemi juré de Batman? D'où vient-il? Pourquoi ce maquillage? Pourquoi cette rage? Voilà ce que raconte le film de Todd Phillips, qui est allé puiser bien au-delà des bribes d'explications contenues dans les comics et leurs adaptations au cinéma. Lion d'or à Venise, «Joker» arrive précédé d'un tsunami de louanges qui noie vite les quelques bémols. «Un des chocs majeurs de 2019» («Première»), «Plus que la réussite annoncée» («Cynopsis»), «Un tremblement de terre» («Écran Large»), «Le film parfait»…  À lire ces critiques avant même d'avoir vu le film, on se dit:  «Wouah!»… puis vient un instant de vertige: et si, à force d'imaginer le film et la sidération qu'il est censé provoquer, on se faisait son cinéma trop tôt? On finirait déçu, ce ne serait pas la première fois…

Si fou et si cohérent

On l'a vu, «Joker». Et on n'a qu'une envie: en rajouter une couche. Dire à quel point il est noir et flamboyant, incendiaire, malin, poétique, si fou et si cohérent, glaçant et douloureux comme le rire incontrôlable du «héros», auquel Joaquin Phoenix, au-delà de la performance physique (on ne parle pas que de sa perte de 25 kilos), donne une épaisseur à couper le souffle. Alors, si vous ressortez déçus, ce sera peut-être de votre faute: vous n'aurez pas su arriver vierges de toute attente. Peut-être de la nôtre, de ne pas avoir su trouver les mots justes. Ce ne sera sûrement pas de la sienne, au Joker.