«Et puis nous danserons»

03 décembre 2019 19:01; Act: 03.12.2019 19:01 Print

Exaltante fièvre des sentiments

par Marine Guillain - Le sublime «Et puis nous danserons» a failli être saboté par la forte homophobie qui règne dans la société géorgienne.

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Merab danse depuis qu'il sait marcher. Il s'entraîne à l'Ensemble national géorgien, à Tbilissi, avec sa partenaire Mary. Lorsqu'un nouveau danseur arrive, Irakli, les sentiments de Merab sont bouleversés par un nouveau désir.

Le réalisateur Levan Akin s'est entouré d'acteurs à la prestance stupéfiante pour «Et puis nous danserons» (Quinzaine des réalisateurs à Cannes), témoignage d'un fossé d'envergure. D'un côté, une société conservatrice arc-boutée sur ses traditions nationales – Église et danse en tête; de l'autre, l'insouciance, la passion et la fougue de la jeune génération.

Sublimés par une photographie et une bande-son excellentes, la belle histoire d'amour et le désir d'émancipation ne cessent de monter en puissance. Alors, même si vous pensez avoir vu les plus beaux films sur la danse et sur l'humain avec «Girl» ou «Black Swan», ne faites pas l'impasse sur «Et puis nous danserons».

Cela d'autant plus que le tournage a été complexe. Le prestigieux Ballet national Sukhishvili a refusé d'aider l'équipe, arguant que «l'homosexualité n'existe pas dans la danse géorgienne». Le responsable a même mis en garde les autres compagnies de danse du pays, et la production a dû travailler dans le secret, protégée par des gardes du corps. Lors de la première du film en Géorgie début novembre, des manifestants homophobes se sont attaqués aux spectateurs et on tenté d'empêcher la projection.