«Girl»

09 octobre 2018 18:06; Act: 09.10.2018 18:06 Print

Et une chenille garçon mua en beau papillon fille

par Catherine Magnin - Le premier long métrage du Belge Lukas Dhont interroge avec tact la question du genre.

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Dans «Girl», on ne voit qu'elle, justaucorps et port de bras, silhouette longiligne et pirouettes. Elle, Lara, qui est encore... Victor, cachant sous des bandes ce sexe qu'on ne saurait voir. Née garçon, Lara attend avec impatience l'opération qui fera d'elle une femme à part entière. Outre le trouble d'un corps qui se transforme avec l'adolescence, elle relève le défi de devenir ballerine. Et donc d'arriver à faire des pointes. Quitte à se mettre les pieds en sang.

«Girl» a l'intelligence de ne pas faire de son héroïne un porte-drapeau du phénomène transgenre. Il met en scène un personnage aux prises, comme tout ado, avec le corps que l'on rejette et le corps que l'on se rêve. On regrettera que le film de Lukas Dhont ne creuse pas tous les tenants et aboutissants du processus. S'il passe habilement sur les raisons qui ont amené au désir d’un tel changement (après tout, nul besoin de se justifier), il esquisse plus sommairement les relations de Lara avec les autres danseuses.

Il n'empêche que, même imparfait, «Girl» restera un film phare sur le thème. Les festivals ne s'y sont pas trompés: le Zurich Film Festival lui a décerné le titre de Meilleur film de la compétition internationale, Cannes la Caméra d’or. Et, dans la section Un certain regard, le prix d'interprétation masculine à l'incroyable Victor Polster.