Cinéma

26 avril 2019 16:37; Act: 30.04.2019 10:24 Print

Gloria danse et éblouit le monde comme personne

par Marine Guillain - Un an après le très beau «Désobéissance», Sebastian Lelio dévoile le remake américain de son film «Gloria». Lumineux.

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Il est l'un de nos cinéastes préférés depuis quelques années. Le Chilien Sebastian Lelio nous avait bouleversés avec «Une femme fantastique» (une transgenre qui luttait contre l'hostilité de la famille de son amant défunt, Oscar du Meilleur film étranger l'an passé) et avait confirmé son talent avec «Déso­béissance», histoire d'amour entre deux femmes juives incarnées par Rachel Weisz et Rachel McAdams.

«Gloria Bell», c'est le remake à la sauce américaine de «Gloria», que Sebastian Lelio avait réalisé en 2013. Avouons-le: nous sommes en général loin d'être convaincus par ces versions qui se calquent quasi mot pour mot sur un modèle existant. Mais n'ayant pas vu l'original, nous n'avons pas râlé pour celui-ci. Mieux: nous en avons savouré chaque seconde.

De tous les plans, la lumineuse Julianne Moore remplace la Chilienne Paulina Garcia en quinqua farouche qui arpente les boîtes de nuit, en quête de rencontres de passage. Un soir, elle fait la connaissance d'Arnold (John Turturro) et se laisse entraîner dans une histoire faite de passion et de déceptions. Sur une bande-son géniale, majoritairement funk, les images toujours aussi sublimes du réalisateur hypnotisent. Son portrait de femme se révèle d’une beauté pure et touchante. Mais le plus beau, c'est cette manière de faire de la solitude une force au lieu d'une faiblesse, de la «gloriaifier» avec un tel éclat. Une véritable bouffée d'air.