25 juillet 2006 23:25; Act: 16.01.2007 12:11 Print

Itinéraire d’un passionné

Interviewé en juillet dernier, Frédéric Choffat considérait la sélection de son premier long métrage au Festival de Locarno comme «une chance incroyable».

Une faute?

Aujourd’hui sort «La vraie vie est ailleurs» sur les écrans. Pour le plus grand bonheur du jeune réalisateur genevois.

«La vraie vie est ailleurs» est ce petit jardin secret qui est en chacun de nous. C’est une tranche de vie, celle de trois personnes qui prennent le train: trois exils, trois nouveaux départs, trois nouvelles rencontres qui laisseront une petite trace.

– Avec le recul, le Festival de Locarno vous a-t-il aidé à promouvoir «La vraie vie est ailleurs»?
– Cela a été super de participer à ce festival. Le public a très bien répondu, et nous avons eu de bons échos. Les comédiens se sont même fait interpeller dans la rue. Le festival nous a donné un excellent bouche-à-oreille en fait. Et, surtout, les distributeurs se sont battus pour moi, c’était un vrai bonheur!

– Votre film sort aujourd’hui : ressentez-vous une certaine peur ou êtes-vous confiant?
– J’attends juste de voir quels échos le film va recevoir. S’il tient plus d’une semaine à l’affiche, si les exploitants gardent le film… Le bébé est fait, il faut maintenant qu’il grandisse de lui-même. A lui de faire son travail! Mais je suis déjà content qu’il sorte en salle et qu’il ait eu un bon accueil au cours des avant-premières.

– Comment vous placez-vous au sein du cinéma suisse?
– Je m’y vois de moins en moins. La seule chose que je sais, c’est que je dois tourner. Je fais le cinéma que je sais et qui me touche, loin des attentes ou des demandes du milieu du cinéma.

– Lui faites-vous confiance pour vous aider?
– Non, car rien n’est dû. Il faut défendre la culture, certes, mais, si je n’ai pas les subventions nécessaires à un projet, je ne crie pas à l’injustice. Je crois en mon travail, tout simplement.

– «La vraie vie est ailleurs». Est-il nécessaire de savoir où?
– Non. Ce film incarne ma vie, entre la Suisse, la France, le Maroc. Suis-je apatride? Suisse? C’est une recherche intérieure.

– On vous sent engagé...
– Oui, mais pas militant. Mes films illustrent un questionnement, pas une morale...

– Allez-vous attendre de «digérer» ce film, ou avez-vous déjà commencé un autre projet?
– J’ai passé les six derniers mois à réaliser avec Julie Gilbert un film sur les sages-femmes à Genève. Et je prévois un autre long métrage pour 2007-2008.

Propos recueillis par Elsa Duperray