Deux moi

10 septembre 2019 19:17; Act: 10.09.2019 19:17 Print

Klapisch creuse l'humain et il fait encore mouche

par Marine Guillain - «Deux moi» raconte l'histoire d'un duo de célibataires parisiens qui vont très mal.

Une faute?

Il n'arrive pas à trouver le sommeil, elle ne fait que dormir. Il ne parvient pas à s'exprimer, elle ne sait pas dire non. Il peine à faire une rencontre, elle multiplie les rendez-vous ratés. Leurs balcons voisins donnent sur la Gare du Nord, dos à Montmartre, dans un Paris gris. Rémy et Mélanie sont seuls, déprimés. Alors ils commencent une psychothérapie.

Pour «Deux moi», Cédric Klapisch reprend ses nouveaux acteurs fétiches (François Civil et Ana Girardot, frère et soeur dans «Ce qui nous lie») et les met dans la peau de trentenaires en décalage avec la société qui les entoure. Ceci à une ère où des robots remplacent les employés et où les entreprises ont des «salles de convivialité».

Sur le divan

Après le Chinatown new-yorkais («Casse-tête chinois») et la Bourgogne de son dernier film, le cinéaste français retrouve Paris, théâtre d'un récit sur le besoin d'amour et la solitude. Une sorte de «Chacun cherche son chat» version 2019, en somme. Les séances chez les psys, d'abord peu constructives, gagnent en profondeur petit à petit, avec quelques perles jouissives de celle de Mélanie (Camille Cottin), comme: «Pour que les deux moi fassent un nous, il faut que les deux moi soient soi.» Certes, il y a aussi quelques clichés, mais c'est presque inévitable lorsqu'on raconte la vraie vie. Et Klapisch fait ça si bien qu'une fois de plus, on l'écoute sans se lasser.