«Vice»

12 février 2019 19:47; Act: 12.02.2019 19:47 Print

L'incroyable ascension d’un homme au pouvoir

par Marine Guillain - Connaissez-vous l'homme qui a officié comme vice-président de George W. Bush pendant huit ans?

Une faute?

«C'est une histoire vraie. Aussi vraie que possible. En tout cas, on a fait de notre mieux.» C'est avec ces quelques lignes amusantes que s'ouvre «Vice», biopic plutôt original d'un certain Dick Cheney. Ce type discret, méconnu, qui agissait dans l'ombre, aura bouleversé le cours de l'histoire américaine.

Le récit démarre en 1963 au Wisconsin. Ouvrier ivrogne et bagarreur, le jeune Dick (Christian Bale, qui a pris 20 kilos pour le rôle) est «un nul complet», comme le lui dit sa femme Lynne (Amy Adams). Celle-ci lui pose un ultimatum pour qu'il change. Deux ans après, le voilà qui commence un stage au Capitole et devient l'assistant du Républicain Donald Rumsfeld (Steve Carell). De Richard Nixon à Jimmy Carter en passant par le scandale du Watergate, les Cheney (c'est l'ambitieuse Lynne qui tire les ficelles) gravissent les échelons jusqu'à rejoindre le cercle étroit de Bush père. Dick devient le vice-président du fils en 2000. À force de manipulations, il peut faire ce qu'il veut. Comme lancer la guerre en Irak.

Narrateur peu orthodoxe, humour farfelu et discussions en vers sur l'oreiller: Adam ­McKay («The Big Short») a trouvé le ton idéal pour faire de «Vice» un biopic mordant, qui plus est admirablement bien vulgarisé. Quant à Christan Bale (et à son équipe de maquillage!), qui passe d'environ 20 à 70 ans en deux heures, il est tout simplement exceptionnel.