Cinéma

10 novembre 2019 07:10; Act: 11.11.2019 09:02 Print

La «cli-fi», incontournable, souffle sur tout le globe

Disparition des abeilles, lutte pour «l'or bleu» ou pénurie d'essence: la «climate-fiction», cousine de la science-fiction, a le vent en poupe dans les librairies et à l'écran.

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Au cinéma, l'humanité devenue stérile dans «Les Fils de l'homme» (Alfonso Cuaron, 2006) et la Statue de la Liberté congelée par une nouvelle ère glacière dans «Le Jour d'après» (Roland Emmerich, 2004) illustrent bien les futurs proches servant de cadre à la «climate-fiction».

Mais ce courant n'a été baptisé qu'au tournant des années 2010, par Dan Bloom. D'après ce journaliste américain, il progresse «à la vitesse de l'éclair» depuis «environ cinq ans», notamment «en réaction à Donald Trump» et aux climatosceptiques.

«La cli-fi est un sous-genre de la science-fiction» précise Andrew Milner, professeur de littérature comparée à l'université Monash de Melbourne. «Ses auteurs, lecteurs, éditeurs et réalisateurs s'identifient à la tradition de la science-fiction.» S'il estime que la «cli-fi» doit encore évoluer pour «devenir autonome», il note aussi qu'elle se développe «très rapidement».

«Ce développement répond à des préoccupations du monde réel» explique J.R. Burgmann, également professeur à Monash et coauteur de «Science fiction and climate change : a sociological approach» avec Andrew Milner. «La littérature a été assez lente à s'emparer du changement climatique, mais elle rattrape son retard».

Phénomène mondial

Venu des pays anglophones, un vent de «cli-fi» souffle partout dans le monde. En France, les séries «La Dernière Vague» sur France 2 et «L'Effondrement», à partir de lundi sur Canal , illustrent sa popularité grandissante. Mais il ne s'agit que de la partie émergée d'un iceberg d'abord littéraire.

En témoigne «Une histoire des abeilles» de Maja Lunde, best-seller 2017 en Allemagne traduit dans une trentaine de langues, racontant une société où les fleurs doivent être pollinisées à la main. «Je pense que nous verrons plus de ces livres dans les années à venir», car «les gens sont de plus en plus préoccupés par le changement climatique et les auteurs écrivent sur ce qui leur fait peur» déclarait-elle à l'AFP en 2018. En effet, le courant semble s'accélérer.

Dans «L'île» de Sigridur Hagalin Björnsdottir (2018), l'Islande se retrouve coupée du monde et tente de vivre en autarcie. «Dans la forêt» de Jean Hegland (grand succès en 2017 de la traduction en français) raconte la survie de deux jeunes filles dans un monde sans électricité ni essence. Les Américains Paolo Bacigalupi et Claire Vaye Watkins explorent, eux, le thème de la sécheresse et de la bataille pour «l'or bleu» dans «Water Knife» (2015) et «Les Sables de l'Amargosa» (2017).

Le genre fleurit aussi en littérature jeunesse sous les plumes de Jérôme Leroy dans «Lou après tout, Le grand effondrement» (2019) et de Lorris Murail dans «L'Horloge de l'Apocalypse» (2018). «D'un certain point de vue, il ne peut plus y avoir d'autre sujet» résume ce dernier, «même si les jeunes lecteurs ont parfois l'impression qu'on leur fait la morale».

Incontournable

«C'est devenu difficile de faire l'impasse sur le sujet» estime Jean-Marc Ligny, grande plume de la science-fiction et principal auteur «cli-fi» en France avec «Aqua TM» et ses suites. Pour lui, «le changement climatique a besoin d'histoires, les lecteurs ont besoin qu'il soit mis en scène. Les chiffres, les statistiques, ça ne leur parle pas. La cli-fi permet de mieux prendre conscience de la situation».

«Aujourd'hui, un auteur de science-fiction ne peut pas passer à côté de la question» abonde Yann Quero, auteur français de plusieurs ouvrages «cli-fi» et coordinateur de l'anthologie «Le réchauffement climatique et après...» aux éditions Arkuiris. «Même dans un space opéra, on peut se demander pourquoi l'humanité va essaimer dans les étoiles.»

S'ils est devenu central récemment, le thème de la dégradation de l'environnement est néanmoins exploité dans la «SF» depuis plus de 50 ans, comme dans «Sécheresse» de J.G. Ballard (1964) ou «Le Troupeau Aveugle» de John Brunner (1972). Une oeuvre aussi ancienne que «Les Raisins de la Colère» (1934) est considérée comme pionnière, puisque John Steinbeck y raconte les ravages des tempêtes de poussière provoquées par la surexploitation des terres agricoles en Oklahoma.

(afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • crocodile22 le 10.11.2019 08:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Une fiction déjà vécue

    Ce qu'un dérèglement du climat peut provoquer à déjà été vécu, notamment en 1816. Il suffit, pour le connaître, de lire « L'année sans été », de Gilles D'Arcy Wood, éd. La Découverte, livre de poche, disponible aussi sur App Store. Cette année-là, une catastrophe climatique mondiale s'est abattue sur une grande partie de la planète, avec des conséquences inouïes. Un volcan a provoqué un refroidissement considérable. On peut constater à quel point notre planète est sensible aux dérèglements. L'équilibre est très fragile.

  • Abisgrandis le 10.11.2019 08:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Documentaire

    Avec ce genre de films il faut faire attention qu'ils disent film de fiction mais pas documentaire

  • Laitmurien le 10.11.2019 08:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfumages

    Apparemment,le réchauffement climatique est une sacrée opportunité pour pas mal de personnes pour faire du bizzness et se remplir les poches, espérons que le citoyen ne soit pas seulement le dindon de la farce.

Les derniers commentaires

  • Hollywood le 11.11.2019 13:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    cessez de tout critiquer!

    Toujours pareil. Les uns et les autres vident leurs nerfs sur internet avec anonymat :-( la parole est libre et le cinéma expose une vision d'une personne. Ils crée l'Histoire par leur travail; vous créez des histoires par votre bêtise... beau travail et bravo aux réalisateurs!

  • jlc le 11.11.2019 08:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    exxon... t'es pas innocent... mais...

    Dans son procès pour fausses informations sur son probable, futur impacte écologique à l'encontre de ses actionnaires.... Le procureur a laissé tombé 3 charges sur 4... Sûrement les 3 prisent sous le coup de l'émotion progressiste d'être à l'avant garde de l'écologie ! La 4ème charge est spécifique à NYC... Il semblerait que la loi tienne encore la corde sur l'activisme... Je préfère une loi imparfaite à un activisme totalitaire!

  • Zalut le 11.11.2019 05:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    rick et morty

    il n'y a pas de réchauffement climatiques et pluton est une planète. comprendra qui pourra

    • Observateur avisé le 11.11.2019 11:51 Report dénoncer ce commentaire

      @Zalut (définitif)

      Bah pour les types comme toi, il n'y a rien à faire! Pourtant on trouve des preuves que quelque chose de similaire, mais de moindre intensité s'est déjà produit (l'explosion du Krakatoa en 1816)! Deux ans de dérèglements planétaire prouvés et pourtant tu n'y croit pas! Que se passerait-il si cela se reproduisait ces prochaines semaines alors que notre belle bleue est déjà bien atteinte? Sans doute les types de ton genre seront les premiers à y passer, car totalement inconscients et imprudents!

  • UnFondeur le 10.11.2019 21:04 Report dénoncer ce commentaire

    le Jura est blanc

    tout va bien

  • CL le 10.11.2019 20:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Phénomène de mode

    Ça passera. Comme tout.

    • Jean-Kevin le 10.11.2019 21:21 Report dénoncer ce commentaire

      @CL...

      Faut vraiment être bouché à l émeri pour sortir des trucs pareils. Les espèces disparues vont revenir par enchantement?