Cinéma

19 février 2020 09:53; Act: 19.02.2020 09:53 Print

La 70e Berlinale s'ouvre jeudi

Après des Oscars et des Bafta critiqués pour ne pas avoir assez mis en valeur les réalisatrices et les artistes noirs, la Berlinale a promis de se saisir du sujet.

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La Berlinale se déroule du 20 février au 1er mars. (Photo: Keystone)

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Des réalisatrices, des films politiques et des oeuvres du monde entier: pour sa 70e édition, qui s'ouvre jeudi, le festival du film de Berlin veut mettre l'accent sur la diversité. Un débat qui agite l'industrie du cinéma.

Après des Oscars et des Bafta britanniques critiqués pour ne pas avoir assez mis en valeur les réalisatrices et les artistes noirs, la Berlinale (20 février-1er mars) a promis de se saisir du sujet. «Mon ambition est d'offrir une plateforme aux films. Nous voulons faire de la place à la diversité» dans le 7e art, a souligné Carlo Chatrian, l'ex-directeur du Festival de Locarno qui co-dirige la Berlinale depuis cette année avec la Néerlandaise Mariette Rissenbeek.

33% de réalisatrices en compétition

Quelque 340 films ont été sélectionnés, dont 37,9% réalisés par des femmes. Sur les 18 films en lice pour l'Ours d'or, six ont été dirigés ou co-dirigés par des réalisatrices. Un chiffre plus faible que l'an dernier où elles étaient représentées à un niveau jusqu'alors inédit (45%), mais plus élevé qu'à Cannes et Venise, dont l'édition 2019 n'a accueilli que deux réalisatrices (sur 21 films).

En plein débat sur le sexisme et le manque de représentativité, la Berlinale avait signé l'an dernier une charte en faveur de la parité hommes-femmes, comme d'autres grands festivals. «Six films, ce n'est pas la parité, mais c'est en bonne voie pour l'atteindre», avait estimé Carlo Chatrian, en présentant sa sélection fin janvier.

Parmi eux, le dernier opus de l'Américaine Kelly Reichardt («First Cow»), figure du cinéma indépendant, celui des Suissesses Stéphanie Chuat et Véronique Reymond («Schwesterlein») ou celui de la Britannique Sally Potter («The Roads not taken») avec Javier Bardem, Elle Fanning et Salma Hayek. La Berlinale rendra aussi hommage avec un Ours d'honneur à l'actrice Helen Mirren.

Festival politique

Temps fort d'un festival résolument politique: la présence attendue d'Hillary Clinton, à l'honneur d'un documentaire en plusieurs parties, ainsi que de Cate Blanchett, figure du mouvement Time's Up, créé dans la foulée de #MeToo pour défendre les femmes dans l'industrie du spectacle.

Côté programmation, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné pendant cinq ans, viendra présenter «Numbers», inspiré de son emprisonnement, tandis que deux films de la très controversée expérience DAU, qui proposait il y a un an aux Parisiens une immersion en Union soviétique, seront à l'honneur (dont un en compétition).

Tons sombres

En lice également pour l'Ours d'or, le dernier film de l'Iranien Mohammad Rasoulof («There is no evil»), interdit de sortie de territoire, un film brésilien sur l'esclavage («Todos os mortos») et un documentaire de Rithy Panh («Irradiés»), dont l'oeuvre est consacrée à la mémoire du génocide cambodgien.

«S'il y a une prédominance de tons sombres, c'est peut-être parce que les films que nous avons sélectionnés ont tendance à regarder le présent sans illusion - non pas pour susciter la peur, mais parce qu'ils veulent nous ouvrir les yeux», a expliqué le sélectionneur du festival.

Outre «Schwesterlein», la Suisse sera représentée en compétition par deux coproductions: «Le sel des larmes» de Philippe Garrel (France/Suisse) et «Favolacce» («Bad Tales») de Fabio et Damiano D'Innocenzo (Italie/Suisse).

Passé nazi

A noter qu'un Ours d'argent sera exceptionnellement remis cette année en remplacement du Prix Alfred-Bauer, du nom d'un ancien directeur de la Berlinale, en raison des révélations récentes sur son passé nazi. Le festival a par ailleurs annoncé mardi confier une enquête à ce sujet à l'Institut d'histoire contemporaine (IfZ) de Munich.

Soucieux d'attirer un public jeune, la Berlinale présentera en outre le dernier Pixar («En route» en VF, qui sortira dans les salles début mars) et propose une programmation séries ambitieuse et très anglo-saxonne. L'occasion notamment de découvrir «The Eddy» de Damien Chazelle, production très attendue de Netflix.

(nxp/ats)