Festival du Film

12 février 2019 08:01; Act: 12.02.2019 08:02 Print

La Berlinale au chevet du climat

Une réalisatrice canadienne présente à Berlin «Anthropocene: The Human Epoch». Un film qui montre les dégâts de l'homme sur la planète.

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Le réalisateur israélien Nadav Lapid a reçu l'Ours d'or du meilleur film, pour «Synonymes». (Dimanche 17 février 2019) Le réalisateur français François Ozon avec le prix du jury pour «Grâce à Dieu». (Dimanche 17 février 2019) L'acteur chinois Wang Jingchun et l'actrice chinoise Yong Mei posent avec leurs Ours d'argent de meilleur acteur et meilleure actrice pour leur rôle dans «So Long, my son». (Dimanche 17 février 2019) Juliette Binoche remet l'Ours d'or à l'Israélien pour son film «Synonymes». (Samedi 16 février 2019) Le réalisateur français a été honoré avec le prix du jury pour «Grâce à Dieu». (Samedi 16 février 2019) L'Allemande , tout à la joie d'avoir été sacrée meilleure réalisatrice pour «I was at home, but». (Samedi 16 février 2019) Double consécration pour «So Long, my son»: l'actrice chinoise est récompensée comme meilleure actrice. (Samedi 16 février 2019) a reçu un Ours d'argent sacrant le meilleur acteur pour son rôle dans «So Long, my son» de Di Jiu Tian Chang. (Samedi 16 février 2019) L'Ours d'or sera décerné samedi soir par le jury de la Berlinale. (Samedi 16 février 2019) Agnès Varda est venue présenter son nouveau documentaire à la Berline ce mercredi 13 février. Le réalisateur français François Ozon a bousculé la Berlinale jeudi soir avec un film sur la pédophilie dans l'Eglise. (Jeudi 7 février 2019) La Berlinale a débuté ce jeudi 7 février 2019. Juliette Binoche a lancé ce jeudi les festivités de la Berlinale qui fait cette année la part belle aux femmes. (7 février 2019) Pheline Rogganattends. (Berlinale 2019) Toni Garrn. (Berlinale 2019) L'acteur britannique Bill Nighy. (Berlinale 2019) L'acteur français Tahir Rahim. (Berlinale 2019) Birgit Minichmayr. (Berlinale 2019) Heike Makatsch. (Berlinale 2019) L'actrice américaine Zoe Kazan. (Berlinale 2019) L'actrice britannique Andrea Riseborough. (Berlinale 2019) L'acteur américain Caleb Landry Jones. (Berlinale 2019) L'actrice allemande Anke Engelke embrasse le directeur de la Berlinale Anke Engelke . (7 février 2019) L'actrice américaine Andie MacDowell entourée des actrices Iris Berben (gauche) et Heike Makatsch. (Berlinale 2019) Paula Beer. (Berline 2019)

Une faute?

Face à l'urgence climatique et à un climato-scepticisme persistant, la Berlinale, fidèle à sa tradition de festival de cinéma engagé, trace le portrait d'une humanité destructrice pour la planète, tout en présentant quelques solutions.

«Nous avons atteint un moment sans précédent dans l'histoire de notre planète: les humains affectent maintenant la Terre et sa géologie plus que toutes les autres forces naturelles combinées», martèle Jennifer Baichwal, réalisatrice canadienne de «Anthropocene: The Human Epoch».

Extrait de «Anthropocene: The Human Epoch»

Ce récit, ayant nécessité trois ans de travail sur six continents, recense avec des images aussi époustouflantes que terrifiantes l'impact humain sur l'environnement.

Digues de béton sur les côtes chinoises, paysages lunaires des mines de charbon allemandes, désert chilien d'Atacama ravagé par l'extraction de lithium, montée des eaux à Venise, déforestation au Nigeria: la Terre est défigurée par l'homme.

Avidité insatiable

Car depuis la révolution industrielle, plus de 390 milliards de tonnes d'émissions anthropiques de carbone ont été rejetées dans l'atmosphère et la production de plastiques a atteint 300 millions de tonnes annuelles, contre deux millions en 1950. A l'inverse, le nombre de vertébrés sauvages s'est effondré de 60% entre 1970 et 2014.

L'ONU a ainsi averti début février que les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées du fait, a priori, des émissions de gaz à effet de serre.

Mais la lutte pour le climat reste minée par la résistance de hauts responsables, comme les présidents américain Donald Trump et brésilien Jair Bolsonaro, qui doutent toujours de la responsabilité humaine dans le changement climatique. Et l'Allemagne, longtemps considérée comme un modèle en matière environnementale, n'atteindra pas ses objectifs 2020 de réduction des émissions. En cause: sa dépendance au charbon Dans «Earth», Nikolaus Geyrhalter rappelle donc que l'avidité des hommes pour les ressources naturelles semble insatiable, et qu'il faut donc se montrer méfiant face aux avancées technologiques.

«On se demande ce que les gens penseront dans 40 ou 50 ans de ce que nous faisons aujourd'hui. La technologie progresse plus vite que les gens ne peuvent vraiment le comprendre», explique le réalisateur.

Il prend l'exemple de l'ancienne mine de sel de Wolfenbüttel, dans le centre de l'Allemagne, reconvertie dans les années 1970 en site de stockage «totalement sûr» pour déchets nucléaires. Sauf que les scientifiques avaient mésestimé les risques d'infiltration d'eau, obligeant les autorités à fermer la mine plusieurs décennies plus tard.

Pollution «des riches»

A côté de ces tableaux pessimistes, certains réalisateurs dont les films sont présentés à la Berlinale, seul festival européen ouvert au grand public, tentent de montrer que la tendance peut encore être inversée.

Sous la forme d'une lettre visuelle à sa fille de quatre ans, le cinéaste Damon Gameau tente avec «2040» d'explorer ce à quoi l'avenir pourrait ressembler si l'humanité se tournait massivement vers des solutions déjà disponibles: énergie solaire, transports écologiques, végétalisation de villes ou encore permaculture marine.

«Pour y parvenir, il faudra un effort monumental de la part de toutes les facettes de la société (...) mais nous savons que 50% des émissions proviennent des 7% les plus riches et que 71% des émissions proviennent de seulement 100 entreprises», insiste auprès de l'AFP l'acteur et réalisateur australien.

En écho, l'Américain John Chester raconte dans «The Biggest Little Farm» comment il est parvenu en huit ans avec sa compagne à transformer un terrain aride et infertile près de Los Angeles en une immense ferme à l'écosystème prospère et autorégulé.

Ce portrait franc et touchant d'un couple idéaliste cherchant à vivre en harmonie avec la nature, un processus ponctué de réussites mais aussi de rudes épreuves, promeut une agriculture et un élevage sains dépourvus de pesticides et médicaments.

«Bien sûr, une seule ferme ne pourra pas inverser le changement climatique. Mais si chacun d'entre nous fait quelque chose pour l'écosystème, alors nous y parviendrons», prophétise le fermier-réalisateur.

(nxp/afp)