«The Dead Don't Die»

14 mai 2019 22:01; Act: 14.05.2019 22:01 Print

La chasse aux zombies nouveaux est ouverte

par Catherine Magnin - Film d'ouverture du 72e Festival de Cannes, où il concourt pour la Palme d'or, le film de Jim Jarmusch est une tuerie. À sa manière...

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Le décor de «The Dead Don't Die»: Centerville, une bourgade typique de l'Amérique profonde, avec son café, son école, son motel, ses policiers, son ermite, ses fermiers, son employée des pompes funèbres... Il n'y a d'ailleurs que cette dernière (Tilda Swinton) qui paraisse un peu bizarre. Du moins jusqu'à ce que des morts décident de sortir de leurs tombes pour dévorer les vivants... Mais comment les forces de l'ordre (Bill Murray, Adam Driver et Chloë Sevigny) vont-ils en venir à bout?

Trame plus rebattue que celle de «The Dead Don't Die», tu meurs! Mais le réalisateur y brode les motifs d'un univers qui lui est cher. S'y retrouve la nonchalance des personnages, celle des policiers n'ayant d'égale que la résignation de l'un d'eux répétant à satiété que cela «va mal se finir». Les références abondent, ouvertement affichées, à Romero, maître des zombies, à Tarantino.

Viande rouge et vin blanc

Et le scénario s'autorise des décrochements aussi audacieux que déconcertants. Et surtout, surtout, ces zombies pas comme les autres (comme n'étaient pas comme les autres les vampires de «Only Lovers Left Alive») sont à croquer, eux qui adorent la chair fraîche - ce qui assure le gore - tout en rêvant de café, de vin blanc, de baseball...

Sûr, «The Dead Don't Die» n'a rien à voir avec les productions hollywoodiennes survoltées aux effets spéciaux sophistiqués, et sans doute que les amateurs de ce cinéma seront effarés par cet ovni. Mais on est prêt à parier qu'ils ne pourront se résoudre à détourner les yeux. Fascinants, les zombies version Jarmusch...