«Still Alice»

10 mars 2015 17:10; Act: 10.03.2015 16:33 Print

La maladie d’Alzheimer expliquée au grand public

par Catherine Magnin - Son rôle dans «Still Alice» a valu à Julianne Moore, 54 ans, le Golden Globe et l’Oscar de la Meilleure actrice.

Une faute?

Alice a 50 ans. Epouse et mère de famille épanouie, c’est aussi une linguiste réputée dont les conférences sont courues. Parce qu’il lui arrive parfois de ne plus trouver ses mots, d’avoir des blancs, elle décide de consulter un neurologue. Le diagnostic tombe avec la sécheresse d’un couperet d’échafaud: Alice souffre d’Alzheimer précoce.

Un film sur un tel sujet pourrait faire peur en allant trop dans les détails, ou faire pleurer en cédant au pathos. Ou faire l’impasse sur la réalité. Dans «Still Alice», les réalisateurs Richard Glatzer et Wash Westmoreland évitent chacun de ces registres-là. Le film suit l’évolution de la maladie du personnage principal sur la base d’un solide travail documentaire, mais ne va pas toujours au bout des ravages de la maladie. De peur que le spectateur ne prenne ses jambes à son cou?

Pas de violons inutiles

Alice est un personnage émouvant, elle fait de beaux discours, elle a dans le regard une étincelle où ses proches aimeraient deviner plus que le reflet de leurs espoirs. Mais pas question de sortir des mouchoirs à tire-larigot. De peur que le spectateur ne se sente manipulé?

«Still Alice» accorde une place importante à ceux qui entourent la malade, ce mari et cette fille (Alec Baldwin et Kristen Stewart, tous deux impeccables) qui doivent se protéger et continuer à vivre leurs propres vies, même si l’un des êtres qui leur est le plus cher a la mémoire qui s’effiloche. Finalement, le film s’accroche à ce qui reste plutôt qu’à ce qui disparaît; il propose un accès réaliste, mais rassurant à ceux qui ne savent rien de la maladie d’Alz­heimer.