«Le roi lion»

16 juillet 2019 18:24; Act: 16.07.2019 18:24 Print

Du crayon aux pixels, «Le roi lion» réussit sa mue

par Catherine Magnin - Difficile de ne pas apprécier la version 2019 du dessin animé de Disney sorti il y a un quart de siècle.

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Lionceau appelé à régner sur la jungle, Simba fuit la terre de son père, dont il pense être responsable de la mort, et découvre l'insouciance façon «Hakuna matata»... Vous ne pouvez pas ne pas connaître «Le roi lion», classique de Disney qui ne contient aucun humain. Cette particularité lève l'épineux problème du choix d'un acteur en chair et en os pour incarner un personnage conçu au crayon (dernier exemple en date: le choix de Halle Bailey pour incarner l'Ariel de «La petite sirène»).

Le terme de «prise de vues réelles» est trompeur: il est davantage question de pixels que de poils dans ce «Roi lion» 2019. Le pari était risqué, prêtant le flanc à ceux qui lui reprocheraient une pléthore d'effets spéciaux, oubliant que les mouvements de caméra du film de 1994 en étaient aussi, à l'époque.

Et, ma foi, c'est réussi. D'abord parce que le réalisateur Jon Favreau (qui avait pris plus de libertés pour son adaptation du «Livre de la jungle» en 2016) n'a pas l'outrecuidance de vouloir tout changer. Il sait bien la puissance du récit, de la composition, des musiques de 1994. Il fait presque du mot à mot, du plan à plan, modifiant à peine un détail pour améliorer la compréhension d'une séquence, atténuant judicieusement l'anthropomorphisme, concédant peu à l'’air de notre temps. Il ajoute du glamour entre Simba et son amoureuse, nourrit le combat final, ce qui fait durer le film une vingtaine de minutes de plus que son modèle. Unique hiatus à notre plaisir...