«Le traître»

06 novembre 2019 06:14; Act: 06.11.2019 06:14 Print

Ainsi prit fin, avec fracas, l’impunité de la mafia

par Catherine Magnin - En compétition pour la Palme d'or au Festival de Cannes 2019, «Le traître» en est reparti bredouille. Injuste!

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Les réunions de famille où, entre une procession religieuse et une photo-souvenir, un parrain distribue promotions et punitions pour garder la mainmise sur les membres avides de pouvoir de la Pieuvre… La mafia. Inutile de vous la présenter, tant le thème est cher au cinéma. Mais il est un pan de son histoire que le réalisateur Marco Bellocchio, 80 ans ce samedi, explore avec une maestria inédite: sa chute.

Au début des années 1980, après l'assassinat de ses fils, Tommaso Buscetta (Pierfrancesco Favino) se met à table pour le juge Falcone, entraînant quelque 380 arrestations. Le repenti se retrouve à témoigner au tribunal dans une cage de verre qui semble l'exposer plus que le protéger.

Jeu de mots et de regards

Tout au long des confrontations, Buscetta et les mafiosi refusent, de près, de se regarder dans les yeux, et s'invectivent, de loin, dans une déferlante de paroles. Bellocchio s'en amuse parfois, comme dans cette scène où un inculpé exaspère les juges en baragouinant un dialecte incompréhensible. Un peu de comédie dans cette tragédie d'un homme qui trahit parce qu'il s'était senti trahi.

Film d'action au suspense haletant, reconstitution historique minutieuse, «Le traître» est porté, dans le rôle principal, par un Pierfrancesco Favino absolument impérial. Dommage qu'ils aient été éclipsés, à Cannes, par «Parasite» et l'Antonio Banderas de «Douleur et gloire».