Berlinale 2019

12 février 2019 08:00; Act: 14.02.2019 08:36 Print

Les films de Berlin: notre baromètre (1/3)

par Marine Guillain, Berlin - Voici un petit aperçu des longs métrages que nous avons vus durant les premiers jours de festival. Du meilleur au moins bon.

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«Mid 30's» est le premier film de Jonah Hill. (Photo: dr)

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«Mid 30's»
Los Angeles, années 1990. Un gosse de 13 ans, Stevie (Sunny Suljic), subit le sale caractère et la domination de son grand frère (Lucas Hedges). Lorsqu'il rencontre une bande de skateurs du quartier, Stevie va rapidement passer d'enfant à adolescent: il enlève le poster de Tortues Ninja dans sa chambre, apprend à fumer, à boire, à skater... Pour son premier film derrière la caméra, l'acteur américain Jonah Hill nous livre une recomposition des nineties bourrée de références. Drôle et touchant.

«The Miracle of the Sargasso Sea»
Assez prenant, parfois dérangeant, ce film du Grec Syllas Tzoumerkas montre l'immense déchéance: celle d'une policière alcoolique et tyrannique, et celle d'une femme qui entretient une relation malsaine avec son frère. Sexe, trahison, violence, meurtre, fête, drogues: la vie est loin d'être tranquille dans ce petit village de la côte. Le défaut, c'est qu'à force d'avoir voulu y fourrer autant d'éléments, Syllas Tzoumerkas donne à son film une dimension prétentieuse.

«A Tale of Three Sisters»
Dans un village reculé d'Anatolie, trois soeurs de 13, 16 et 20 ans rêvent d'un avenir meilleur. Avec leur fort caractère, elles sont davantage du genre à prendre les chose en mains qu'à se laisser abattre. Ce joli portrait réalisé par le Turc Emin Alper est en compétition.

«Thirty»
La Bulgare Simona Kostova suit un groupe de jeunes Berlinois, durant une journée et une nuit. Ils se réunissent le soir pour l'anniversaire de l'un d'eux, puis sortent faire la fête jusqu'au petit matin, comme si c'était une obligation. Même si l'on comprend l'idée, de filmer ces jeunes d'une façon presque documentaire, et de montrer le vide de leur existence, le film est bien trop long. Du coup, on décroche.

«The Golden Glove»
Que serait un festival sans son film glauque? En mai dernier, Cannes avait sélectionné Lars von Trier avec «The House that Jack built». Berlin a choisi «The Golden Glove», une autre histoire morbide de tueur en série. Fatih Akin («In the Fade») s'est basé sur un bouquin, lui-même adapté d'un fait divers réel. Dans le bar le plus miteux de la ville, les âmes esseulées s'alcoolisent sans interruption. Le monstrueux Fritz Honka (Jonas Dassler, exagérément amoché) repère les femmes les plus faibles, les amène chez lui et leurs fait subir d'atroces sévices avant de les tuer et de les démembrer. Macabre, dérangeant, écœurant, «The Golden Glove» est surtout incohérent insipide, inutile.

The Operative
Dans ce thriller de Yuval Adler, Diane Kruger joue une espionne envoyée en Iran par les services israéliens. Là-bas, elle s'attache à la culture du pays et tombe amoureuse d'un homme qu'elle doit espionner. La sauce ne prend pas et résultat: on s'est ennuyés ferme.