Berlinale 2019

16 février 2019 07:37; Act: 16.02.2019 07:37 Print

Les films de Berlin: notre baromètre (3/3)

par Marine Guillain, Berlin - Voici un petit aperçu des longs métrages que nous avons vus durant les derniers jours de festival. Du meilleur au moins bon.

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Une scène de «Synonymes», réalisé par l'Israélien Nadav Lapid. (Photo: dr)

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«Elisa y Marcela»
Premier film financé par Netflix en lice pour le Lion d'or, l'oeuvre d'Isabel Coixet relate une histoire d'amour entre deux femmes, dans l'Espagne du début du 20e siècle. «Elisa y Marcela» a beau tirer sur des ficelles connues (la rencontre, la relation naissante où tout est beau puis les difficultés de plus en plus fortes), ce sublime drame en noir blanc à l’esthétisme envoûtant est doux, sensuel et super touchant. Et qu'est ce qu'elles sont belles, ces deux femmes, avec leurs longues jupes, leurs corsets, et leurs jambes et leurs aisselles poilues!

«Synonymes»
Yoav, un jeune Israélien, débarque à Paris, avec l'espoir que la France le sauvera de la folie de son pays. Même si l'on n'a pas tout compris dans «Synonymes», on aime le ton décalé du réalisateur Nadav Lapid, l'atmosphère frenchy et résolument moderne du récit, les belles gueules des acteurs, le gros grain de folie et l'humour absurde.

«So Long, My Son»
Il fallait bien trois heures pour peindre les trente années de la vie d'une famille chinoise, de 1980 à 2010 environ. Sur fond de politique et d'idéologie, l'oeuvre de Wang Xiaoshuai montre à quel point l'existence de citoyens, déjà marquée par la mort accidentelle d'un jeune enfant, peut être impactée par le système. Au secours, la politique de l'enfant unique et les avortements forcés! Entre sauts dans le temps et pluralité des personnages, le temps passé à essayer de comprendre chaque lien qui relie les uns aux autres occupe le cerveau durant une bonne partie du film, Qu'importe, on gardera le souvenir d'une fresque belle et émouvante.

«Heute oder Morgen»
Lorsque Maria et Niels rencontrent Chloé, leur duo devient un trio. Ils profitent de leur vie à Berlin en toute liberté. Sont-ils capables de vivre cet amour hors norme en évitant la jalousie et les complications? Pas sûr. Une tranche de vie racontée avec sobriété par l'Allemand Thomas Moritz Helm.

«Il était une seconde fois»
C'est la seule série TV du Festival que nous ayons vue. En quatre épisodes de 52 minutes, ce thriller romantique français de Guillaume Nicloux raconte l'histoire d'amour entre Vincent (Gaspard Ulliel) et Louise (Freia Mavor). Quatre mois après la rupture, Vincent ne s'est toujours pas remis. Il découvre alors un cube en bois dans sa cave, qui lui permet de voyager dans le temps et de retourner à l'époque où il sortait encore avec Louise... On se laisse prendre plutôt facilement par cette trame fantastique, en avouant volontiers que le sex-appeal des deux protagonistes y est pour quelque chose.

«Demons»
Une aspirante actrice se fait martyriser par le réalisateur qui l'a engagée. Mais l'heure de la vengeance a sonné et la tendance du plus fort et du plus faible pourrait bien s'inverser. Mis en scène par Daniel Hui (Singapour), «Demons» part dans la satyre psychédélique, genre film d'horreur de série B. Marrant, mais trop amateur.